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samedi 24 mars 2012

Le lièvre sur la glace

Un lièvre court sur la glace. Patatras !
Il tombe.

- Oh, Oh ! Glace es-tu solide ?
   demande l'animal.
- Certainement, que je suis solide,
   rétorque la glace.
- Si tu es solide, comment se fait-il
   que tu fondes au moindre rayon de soleil ? interroge le lièvre.
- Est-ce que le soleil est fort ? donne la glace comme réponse.

Le lièvre se met à courir. Il s'en va trouver le soleil :

- Soleil, es-tu fort ?
- Assurément, je suis fort, affirme le soleil.
- Si tu es fort, comment se fait-il que le nuage obscurcisse l'éclat de ton rayon ?
- Le nuage est-il fort ? interroge le soleil.

Vivement, le lièvre court vers le nuage.

- Nuage, es-tu fort ? s'enquiert le lièvre.
- Mais oui, certainement, acquiesce le nuage.
- En tout cas, aussi fort que tu sois, le vent te
   disperse et te chasse dès qu'il se met à
   souffler.
- Le vent est-il fort ?
- Je le suis, répond aussitôt le vent.
- Pourquoi ne peux-tu pas traverser les
   rochers ?
- Le rocher est-il solide ? soumet le vent.

Le lièvre se dépêche d'arriver au rocher.

- Rocher, es-tu solide ?
- Mais oui, bien sûr.
- Aussi solide que tu sois, ironise le lièvre, une souris peut cependant percer ton
   flanc et s'échapper.
- La souris est-elle puissante ? s'étonne le rocher.

Vite, vite, le lièvre s'en va chez la souris.

- Souris, es-tu puissante ?
- Je le suis, confirme la souris.
- Si tu l'es, il n'en est pas moins vrai que le chat te tiens solidement dans ses griffes
   puissantes toutes les fois qu'il parvient à te saisir, argumente le lièvre.
- Le chat est-il fort ? s'inquiète la souris.

Le lièvre va trouver le chat et lui pose la question.

- Chat, es-tu fort ?
- Assurément, je le suis, ronronne le chat.
- Pourtant, ta vie dépend de la main de la vieille femme
   chez qui tu loges.
- La vieille femme est-elle forte ? ronchonne le chat.

Le lièvre court vers la vieille femme.

- Petite mère, es-tu forte ?
- Certainement que je suis forte, se déride la vieille
   femme.
- Cependant, ta vie est soumise à la volonté de Dieu.
- Dieu est-il puissant ? songe tout haut la vieille femme.

Le lièvre s'adresse à Dieu.

- Dieu, es-tu puissant ?

Pas de réponse. A nouveau le lièvre pose sa question. Pas de réponse. Une
troisième fois, le lièvre demande :

- Dieu, es-tu puissant ?

Pas de réponse. A la place, le tonnerre,
assourdissant. Le lièvre tombe raide
mort. La vieille femme ne perdit pas de
temps ni n'en perdit une miette. Elle
hacha la chair du lièvre, en fit des
boulettes, et les mangea jusqu'à la dernière.

vendredi 23 mars 2012

La prière du maître potier





















Autrefois la pluie tombait sans qu'il y ait de nuages. Un jour, un maître potier
modela des jarres, des bols, de véritables oeuvres d'art. Quand le potier eut
achevé son travail, il mit ses objets à sécher sous le soleil. Il rêvait déjà au fruit
de la vente de ses poteries.

Mais le sort en décida autrement. La pluie se mit à tomber et il ne resta bientôt
qu'un tas de glaise informe des oeuvres du potier. L'homme se mit à pleurer, à
pleurer. Il pleura toute une nuit et à l'aube, à l'heure de la prière, il implora dieu :

- O mon dieu, ô Tout-Puissant, je t'implore. Annonce-nous la pluie ! Qu'elle
   ne nous prenne plus au dépourvu.

Dieu entendit les prières du potier. Il exauça son voeu. Depuis ce temps, la
pluie est toujours annoncée par les nuages.

jeudi 22 mars 2012

Le printemps, le vieillard et le petit oiseau de fer

Il était une fois une petite mésange. Elle souffrait
du froid et de la faim pendant l'hiver glacé du
Nord. Un jour, voletant, elle aperçut une
maisonnette. Elle se posa sur le toit et vit par la
cheminée un vieux qui forgeait une hache. Elle
interpella le vieillard :

- Grand-père, grand-père, dis, n'as-tu pas froid ?

Le vieux regarda autour de lui, ne vit rien, leva la tête et dit :

- Qui me parle ? Rentre par la porte si tu es un homme !
- Je ne suis pas un homme, je suis une mésange. Je suis venue te voir car j'ai un
   grand service à te demander. Je vois que tu vis dans le froid et que tu n'as pas
   grand-chose à manger. Fabrique-moi dans ta forge des ailes en fer, un bec en
   fer et des pattes en fer. Je les mettrai et je volerai chez le maître des nuages. Il
   a sept filles. Les sept filles ont sept sacs. Dans chaque sac, il y a des nuages
   chauds qui apportent le beau temps aux hommes. Je volerai un des sacs pendant
   que les filles des nuages dormiront.

Ainsi fut fait. La mésange mit les ailes en fer,
le bec et les pattes en fer et s'envola à
tire-d'aile vers le sud. Le voyage dura
longtemps. Un jour, elle vit apparaître devant
elle un grand nuage blanc sur lequel étaient
assises sept jeunes filles. Aux pieds de
chacune d'elles était posé un sac rempli de
nuages chauds. La mésange se mit à faire
une prière :

- Maître des nuages, aide-moi à prendre un sac de nuages chauds. Fais que les
   jeunes filles s'endorment au plus vite.

La mésange avait à peine fini sa prière que l'aînée des jeunes filles déclara en bâillant :

- Ah, mes soeurs, qu'est-ce que j'ai sommeil !

Les soeurs se dirent la même chose :

- Ah, nous aussi, qu'est-ce que nous avons sommeil !

Et elles s'endormirent. La mésange
s'approcha aussitôt du sac de la
cadette et l'ouvrit. Une multitude
de nuages se répandirent dans le
ciel, et la mésange s'envola en
direction de la maison du vieux.
Arrivés à destination, elle vit le
vieux se promener dans le jardin
derrière sa maison, vêtu d'une simple chemise, pendant qu'un soleil radieux apparaissait derrière les nuages.

- Alors grand-père, as-tu chaud maintenant ? demanda l'oiseau.
- Très chaud ! Bravo, petite mésange !

C'est depuis cette aventure que l'on dit que le beau temps nous est apporté du ciel 
par la mésange.

mercredi 21 mars 2012

L'araignée nuage et le vieil homme soleil

Il y a fort longtemps, un jeune fermier
nommé Yosaku travaillait dans son
champ. Il vit un serpent qui s'apprêtait
à manger une araignée. Yosaku fut
pris de pitié pour l'araignée. Il courut
et chassa le serpent, et sauva ainsi la
vie de l'araignée. Le petit animal
disparut dans les herbes, mais il avait
semblé à Yosaku que l'araignée l'avait
regardé un court instant, comme pour le remercier.

Un matin, peu de temps après cette aventure, Yosaku se reposait dans sa maison
quand il entendit une toute petite voix qui venait du dehors :

- Monsieur Yosaku, monsieur Yosaku !

Il alla à la porte et vit une très belle jeune fille qui se tenait sur le seuil. La belle
jeune fille s'adressa à lui :

- Monsieur Yosaku, j'ai entendu dire que vous étiez à la recherche d'une personne
   pour tisser vos vêtements. Je suis tisserande. Me permettez-vous de vivre sous
   votre toit et tisser des vêtements pour vous ?

Yosaku n'avait pas besoin de quelqu'un pour
tisser ses vêtements mais il se sentait bien
content. C'est pourquoi il conduisit la jeune
fille dans la pièce à tisser, où elle se mit
immédiatement au travail. A la fin de la
journée, Yosaku alla voir où elle en était de
son ouvrage et fut bien surpris de voir qu'elle
avait achevé huit longues pièces de tissu,
assez pour confectionner huit kimonos.
Jamais il n'avait entendu dire que l'on pouvait tisser autant en une seule journée.

- Comment avez-vous fait pour tisser tout cela en un jour ? demanda Yosaku.

Mais au lieu de répondre à sa question, la jeune fille lui dit une chose étrange :

- Ne me demandez pas comment. Et ne rentrez jamais dans la pièce à tisser quand
   je suis à mon travail.

Yokasu était un homme curieux. Un jour, hors de la maison, il se glissa sans faire
de bruit jusqu'à la fenêtre de la pièce à tisser. Il regarda à l'intérieur et, là, il vit
une chose surprenante. Il vit que ce n'était pas une jeune fille qui tissait, mais une
grande araignée qui utilisait ses huit pattes pour tisser le fil qui provenait de sa
propre gorge et sortait par la bouche.
En la regardant attentivement, Yosaku
s'aperçut que c'était l'araignée qu'il
avait sauvée de la morsure du serpent.
Il comprit qu'elle avait entrepris de le
remercier de cette façon, en tissant
ses vêtements, après s'être
transformée en belle jeune fille. Pour
tisser, elle dévorait le coton qui était
entassé dans la pièce à tisser puis le
restituait sous forme de fil.

Yosaku se sentait plein de gratitude envers l'araignée. Il vit qu'elle allait bientôt
manquer de coton. Le matin suivant, Yosaku se rendit au village, de l'autre
côté de la montagne, pour acheter du coton, qu'il chargea sur son dos, avant
de retourner chez lui par la même route.

Mais en chemin, Yosaku s'arrêta pour se reposer, et le serpent qu'il avait mis
en fuite s'approcha de lui durant son sommeil et s'introduisit dans le coton qu'il
ramenait à la maison dans l'idée d'en faire cadeau à la jeune araignée. La jeune
fille apercevant tout ce coton, se sentit pleine de joie, car elle avait remarqué
qu'il ne lui en restait presque plus. Elle prit le chargement et se retira dans la
pièce à tisser.

Une fois installée à son métier, la jeune fille reprit sa forme d'araignée et
commença à dévorer le coton, vite, très vite, comme si le coton eut été un mets
délicieux. L'araignée mangeait, mangeait, mangeait, et, tout à coup, alors qu'elle
avait presque fini son repas, le serpent bondit de sa cachette. Il ouvrit tout
grand sa gueule pour engloutir l'araignée. L'araignée, effrayée, s'élança par la
fenêtre ouverte. Le serpent la poursuivit à toute vitesse.

Mais l'araignée avait avalé tant de coton
qu'elle ne pouvait courir assez vite. Le
serpent la rattrapait. A nouveau, il ouvrit
tout grand sa gueule pour avaler l'araignée.
Juste à ce moment-là, le soleil, le vieil
homme soleil, apparut dans le ciel. Il avait
vu ce qui arrivait. Il savait comment
l'araignée avait aidé Yosaku et se désolait
pour la pauvre petite bête. Il darda son
rayon et attrapa le bout de fil qui sortait
de la bouche de l'araignée et il la monta jusqu'au ciel, là où le serpent ne pouvait pas aller.

L'araignée fut reconnaissante au vieil homme soleil de l'avoir sauvée du serpent.
Alors, en remerciement, elle se mit à tisser les doux nuages qui dansent au ciel.

mardi 20 mars 2012

Damoiselle Perce-Neige

Un printemps infini couvrait autrefois la
terre. En ce temps-là un noble chevalier
avait une douce amie qui présentait le
plus joli visage et la plus mélodieuse voix
du monde. Le chevalier se prit à l'aimer
et lui promit le mariage mais il rencontra
bientôt une dame étrangère qui le charma
tant qu'il en oublia sa promesse. Il
ramena la belle dans sa demeure et en chassa
sa douce promise.

Mais une fée puissante, qui était de sa famille, voulut
punir le chevalier de son manque de parole. Elle lui
lança une malédiction terrible, bannissant pour
toujours le printemps du pays de l'infidèle. Aussitôt
toutes les fleurs fanèrent et un rempart de neiges et
de glaces éternelles entoura le fier château du jeune
seigneur.

En peu de temps, comme la terre ne produisait plus
rien qui vaille, le chevalier devint très pauvre et sa
femme l'abandonna sans pitié à son sort de malheur.
La douce amie de l'ingrat avait trouvé asile chez un ermite. Mise au courant de la détresse du chevalier, elle se sentit tellement peinée qu'elle résolut de lui porter secours, coûte que coûte.

Ses larmes abondantes firent fondre la neige à ses pieds sous lesquels naissaient
de petites clochettes blanches qui se mirent à tinter gaiement. Quand le chevalier
entendit la musique argentine il y puisa une nouvelle espérance car il lui semblait
entendre la voix de celle qu'il avait naguère tant aimée.

Transporté de joie, il courut au devant d'elle
et lui tendit les bras pour l'accueillir. Les
neiges et les glaces fondirent soudain et le
printemps fit son entrée dans le pays désert.
On célébra le mariage et les époux furent
heureux. La fée, malgré tout, décréta que
désormais le printemps ne durerait plus toute
l'année. Qu'importe ! Les amoureux avaient
dans leur coeur l'éternel été qui met à l'abri
des rigueurs de l'hiver.

Le sac de vent

Il y a des siècles et des siècles,
le vent causait beaucoup de
ravages. Il soufflait avec
violence sur le territoire des
Indiens. Il tuait même des gens
et détruisait leurs biens. En ces
temps lointains, vivait un
homme du côté de Spences
Bridge. Cet homme avait trois
fils. Le plus jeune était un garçon très ambitieux, qui rêvait de réaliser des exploits formidables. Un beau jour, il dit à son père et ses deux frères aînés :

- Je vais tendre un piège au vent.
- Et comment vas-tu t'y prendre ? On ne voit pas le vent, lui répondirent-ils
   en riant.

Néanmoins, le plus jeune des fils de l'homme qui vivait près de Spences Bridge
s'en alla fabriquer un piège pour le vent. Ce travail délicat lui prit plusieurs nuits 
car, quoi qu'il fasse, le nez du piège était toujours trop large. Chaque nuit, le jeune
homme la passait à son ouvrage, rapetissant encore et toujours le nez du piège.

Un beau matin, allant vérifier son piège, le garçon vit qu'il avait piégé le vent. Le
plus jeune fils de l'homme de Spences Bridge
s'empressa d'enrouler le vent dans une
couverture et courut chez lui, où il annonça
à son peuple qu'il avait capturé le vent. A
ces mots, tous rirent de bon coeur.

Alors pour faire taire les moqueurs, le
garçon entrouvrit un tout petit bout de
couverture, le vent se déchaîna
immédiatement, tant et tant que tout
tourbillonnait alentour. Les gens du
village lui crièrent de refermer la
couverture. Finalement, ils se mirent
d'accord avec le vent pour que désormais il souffle moins fort sur la contrée, condition pour lui rendre sa liberté. Quant au vent, il tint sa promesse.

mardi 13 mars 2012

La grande tortue s'en va-t'en guerre

Une tortue se mit en route sur le sentier de la guerre.
Elle rencontra un coyote, qui lui demanda :

- Et où vas-tu donc, fiston ?

La tortue répondit :

- Je suis sur le sentier de la guerre.
- Et où te diriges-tu donc ?
- Je vais au campement où il y a beaucoup d'hommes.
   Montre-moi comme tu cours.

Le coyote courut si vite que la tortue eut du mal à le suivre des yeux. Elle déclara :

- Tu ne sais pas courir vite, je ne peux pas t'emmener avec moi.

La tortue continua son chemin, et rencontra ensuite le renard, le faucon et le lièvre.
A chacun elle déclara qu'il était trop lent pour l'accompagner sur le sentier de la
guerre. Elle croisa ensuite un couteau en silex, qui lui demanda :

- Est-ce que je peux me joindre à toi, mon
   frère ?
- Tu peux si tu sais courir vite, répondit la
   tortue. Montre-moi comment tu cours.

Le couteau essaya de courir, sans succès.

- Tu feras l'affaire, dit la tortue. Viens avec
   moi.

Ils continuèrent tous les deux, et la tortue dit :

- Je cherche des gens pour nous rejoindre sur le sentier de la guerre.

Surgit alors une brosse à cheveux :

- Que dis-tu donc ?
- Je suis sur le sentier de la guerre, répondit la tortue.
- Puis-je venir avec vous ?
- Montre-moi si tu sais courir.

La brosse tenta de courir, mais resta sur place. La tortue l'accepta :

- C'est bon, tu feras l'affaire. Viens avec nous.

Ils rencontrèrent ensuite une aiguille, qui ne courait pas mieux que le couteau et la
brosse. La tortue l'accepta également dans son expédition. Les quatre compagnons
arrivèrent à un grand campement. La tortue envoya alors le couteau au milieu des
tentes. Un homme le ramassa, et se coupa la main en essayant de couper la viande.
Il le jeta hors de la tente, et le couteau revint auprès de la tortue en disant :

- Un homme m'a ramassé, et pendant qu'il
   essayait de couper la viande, je lui ai
   coupé la main et il m'a jeté hors de chez
   lui. Me voilà revenu maintenant.

La tortue répondit :

- Très bien. Maintenant, brosse, à ton tour d'y aller et de voir ce que tu peux faire.

La brosse s'introduisit dans le campement. Une jeune fille la ramassa et se mit à se
brosser les cheveux. La brosse tira les cheveux de la fille, qui s'en débarrassa en la
jetant dehors. La brosse revint et dit :

- Frère tortue, il y a là une jeune fille qui a une très belle chevelure. Elle m'a utilisée
   et je lui ai tiré les cheveux. Regarde, j'ai ses cheveux sur moi.
- Bien joué, répondit la tortue. Maintenant, aiguille, vas-y, et sois brave.

L'aiguille se rendit dans le camp, et fut ramassée par une vieille femme. Elle commença
à coudre des mocassins, quand tout à coup l'aiguille se planta dans son doigt. La vieille
femme la jeta au loin, et elle revint en déclarant :

- Frère tortue, j'ai sérieusement blessé une
   femme. Elle m'utilisait pour coudre ses
   mocassins, et je me suis plantée dans un
   de ses doigts.
- Bien joué, mes frères. Maintenant, c'est à mon tour, dit la tortue.

La tortue entra dans le campement; les hommes la virent et dirent :

- Qu'est-ce que cela veut dire ? Regardez cette tortue, elle est sur le sentier de la
   guerre. Tuons-la !

Ils s'emparèrent d'elle et dirent :

- Amenez des charbons ardents, nous allons la poser dessus.
- Très bien, répondit la tortue. Je vais étendre mes jambes et vous brûler!
- C'est vrai, se dirent les hommes. Posons un
   chaudron sur le feu, et quand l'eau sera
   bouillante, nous mettrons la tortue dedans.
- Parfait ! Mettez-moi dans l'eau bouillante,
   et je vous échauderai !
- C'est vrai. Jetons-la plutôt dans la rivière !
- Non, ne faites pas ça ! J'ai peur de l'eau !

Les hommes dirent alors :

- Elle a peur de l'eau, jetons-la dedans !

Et sans prêter attention aux cris de la tortue, les hommes l'envoyèrent au milieu de
la rivière. La tortue réapparut à la surface en criant :

- Ah, je vous ai bien eus ! Hourra ! Hourra !

Et elle leur tira la langue. Quant aux hommes, ils ramassèrent le couteau, la brosse
et l'aiguille et ils les utilisent depuis.