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mercredi 31 août 2022

Cheval Fou

 


- Papa, demande Billy un matin, est-ce que tu connais un indien ?

- Un indien ? non, répond son père. Les indiens habitent de l'autre côté 

  de la montagne. Un hamster cow-boy n'a rien à faire là-bas.

Billy va trouver son ami Jean-Claude, le ver de terre. 

- Jean-Claude, tu viens avec moi chez les indiens ? Ils habitent de l'autre

  Côté de la montagne.

Jean-Claude hésite.

- J'aimerais bien, dit-il, mais c'est trop loin pour moi.

- Je te porterai, dit Billy, si toi tu portes la bouteille d'eau.

- Alors d'accord, dit Jean-Claude.

Mais la route est longue et la montagne est haute. Arrivé à la maison

de Barbichette, Billy ne peut plus faire un pas de plus, tellement il est

fatigué. Curieuse, Barbichette sort de sa maison.

- Qu'est-ce que vous faites par ici, les enfants ?

- Nous voulons voir les indiens, dit Billy. Mais c'est trop loin. 

- Oh, mais vous êtes presque arrivés ! dit Barbichette. Je vais vous aider

  pour le dernier bout de chemin.

Et Barbichette porte Billy, qui porte Jean-Claude, qui porte la bouteille

d'eau.

En haut de la montagne, la vue est grandiose, mais ils ne voient aucun

indien nulle part. Barbichette a une idée, d'abord ils doivent allumer un feu.

- Les indiens se parlent avec des signaux de fumée, explique Barbichette.

Elle a l'air de s'y connaître. Elle jette l'herbe sur le feu pour faire beaucoup

de fumée.

- Billy, aide-moi à tenir mon châle. Voilà. Regardez. Je fais trois petits

  nuages. Ca veut dire : "Venez, nous sommes des amis". Les indiens

  vont les voir de loin et ils viendront vers nous. Maintenant, il faut juste

  un peu de patience, dit Barbichette. 

Ils attendent. Billy croit entendre un bruit, mais non. Le silence s'installe.

- Ils vont venir ? chuchote Jean-Claude. Tu n'as pas un peu peur ?

Mais Billy n'a pas le temps de répondre, car soudain FFFFVVVVVOUIT !

Une flèche venue de nulle part transperce son chapeau. 

- Ooooh ! crie Jean-Claude, et il s'évanouit.

Vite, Billy traîne Jean-Claude à l'abri.

- Arrêtez ! Ne tirez pas !! crie Barbichette. 

Un indien surgit de derrière les buissons.

- Comment ça, ne tirez pas ? dit-il. Mais madame, vous avez fait trois nuages !

  Ca veut dire "au secours" ! Je pensais que le cow-boy vous voulait du mal, moi !

- Oups, fait Barbichette, je me suis trompée. Je voulais faire le signal de l'amitié.

- Ah. Eh bien, vous avez tout faux, dit l'indien. Pour l'amitié, il faut faire deux

  nuages, pas trois.

- Je suis encore vivant, dit Billy, mais regardez Jean-Claude ! Il est à moitié mort !

L'indien s'approche. 

- Pauvre petit, dit-il. Il s'est évanoui de peur. 

- Evanoui ? dit Billy, tu crois ? Passe-moi la bouteille d'eau.

Jean-Claude ouvre les yeux.

- Un indien ! crie-t-il, terrifié, et il manque de s'évanouir à nouveau.

- Ne t'inquiète pas, dit l'indien, je suis un ami. Je m'appelle Moineau Tranquille.

- Moineau Tranquille ? Drôle de nom pour un coyote, remarque Billy.

- On m'appelle comme ça parce que je me cache dans les buissons, comme les

  moineaux , mais sans faire de bruit, explique Moineau Tranquille.

- Moi, c'est Jean-Claude, dit Jean-Claude, d'une petite voix. Parce que j'ai un

  grand-père qui s'appelle Jean et l'autre qui s'appelle Claude. 

Pour se faire pardonner de lui avoir fait si peur, Moineau Tranquille veut faire

un cadeau à Jean-Claude. Barbichette éteint le feu et ils suivent Moineau

Tranquille jusqu'à son Tipi. 

Moineau Tranquille offre à Jean-Claude un cadeau de grande valeur : une

plume d'aigle.

- Voilà, dit Moineau Tranquille, tu es un indien, maintenant. Il te faut un nom

  d'indien. Que dirais-tu de... Petite Herbe au Vent ? Parce que tu es si délicat ?

Jean-Claude fait la moue.

- Je préférerais un nom plus... plus fort, comme, euh, Cheval Fou.

- Bon d'accord, dit Moineau Tranquille. Tu t'appelles Cheval Fou.

- Oui, eh bien, Cheval Fou, il va falloir rentrer, dit Billy. Sinon papa va

  m'attendre.

Barbichette reste encore un peu avec Moineau Tranquille. Il veut lui montrer

comme faire de beaux signaux de fumée. Billy et Jean-Claude prennent le

chemin du retour. 

- Je te porte, Cheval Fou ? demande. Ou est-ce que tu préfères rentrer au galop ?

- Très drôle, dit Jean-Claude. 

- Papa, dit Billy en arrivant à la maison, me revoilà ! Et regarde qui est avec moi !

Son père se retourne.

- Un indien ! s'écrie-t-il, stupéfait. Comment est-ce que... ?

- Il s'appelle Cheval Fou, dit Billy. Regarde-le bien, il ne te fait pas penser à

  quelqu'un ? 

- Ca alors... mais... c'est Jean-Claude ! Depuis quand es-tu un indien, Jean-Claude ?

- Depuis aujourd'hui. 

- On aura tout vu, dit le père. Tu aimes toujours les noisettes grillées, j'espère ?

- Ah ça oui, dit Jean-Claude.

- Regardez ! s'exclame soudain Billy, là-bas, le signal de fumée !!

- Ooooh ! s'écrie Jean-Claude...

Mais cette fois il ne s'évanouit pas, il avale juste un peu de travers, tellement il

est ému.


Cheval Fou (Les Lutins de l'Ecole des Loisirs - Catharina Valckx)

Petit Noun







C'était au temps lointain et heureux des hippopotames bleus. 

Partout en ce temps-là, du fond des marécages qui bordaient

les cités, leur gros dos rond marquait l'horizon. 


En bons maîtres du fleuve qu'ils étaient, ces pachydermes se 

prélassaient avec délices dans les eaux tranquilles du Nil. 

Autour d'eux, des fleurs poussaient et au fil du temps, leur

feuillage avait gravé son empreinte sur leur peau qui brillait

au soleil. Les poissons les frôlaient, les papillons s'y posaient

et les oiseaux picoraient sans crainte ces étranges rochers d'azur.


Un jour, le plus jeunes d'entre eux, qu'on nommait Petit Noun, 

devint l'ami d'Antef, un grand vieillard aux cheveux blancs. 

Chaque soir, côte à côte, ils admiraient le soleil couchant.


- Le soleil meurt chaque jour pour renaître chaque matin, disait

le vieil homme. Moi aussi, bientôt, je me coucherai comme lui.

Commencera alors pour moi un bien long voyage...


Quand Antef partit pour ce royaume inconnu et qu'on le coucha

dessous la terre, le petit hippopotame s'allongea près de lui et tomba

dans un profond sommeil. Le temps passa, des jours, des mois, des

siècles...


L'oubli semblait les avoies ensevelis pour de bon lorsqu'un beau

matin, dans les premières lueurs du jour, des pelles se mirent à

creuser la terre. Puis des mains commencèrent à la fouiller doucement.

Elles en sortirent un à un une foule d'objets, plus précieux les uns que

les autres. Réveillé en sursaut, Petit Noun fila se cacher sous une pierre.

C'est là seulement qu'il remarqua sa taille : au lieu d'avoir grandi au fil 

des ans, il était devenu petit, tout petit...


A la première occasion, Petit Noun se glissa à l'air libre. Dehors, plus

rien ne ressemblait au pays d'autrefois. La cité s'était comme volatilisée 

et dans le fleuve, les monts bleus avaient disparus. 

Où était ses frères, ses amis, ses parents ?

Plus une fleur ne poussait alentour, plus un oiseau ne volait dans le ciel.

Le vent, le temps avaient tout emporté.


- Il faut que se retrouve les miens, se dit Petit Noun. Peut-être sont-ils

partis pour les pays lointains dont Antef m'a si souvent parlé...


Et il se mit en route, minuscule point bleu dans le grand désert doré. Il

trottina ainsi des jours durant. Plus il marchait, plus le sable lui collait 

à la peau, recouvrant la belle couleur turquoise de son dos. Bientôt, il se

mit à briller autant que le soleil...


Peu à peu sous ses pattes, une terre argileuse finit par remplacer le sable

chaud du désert. Cà et là, des maisons bordaient la route. Au premier

coup de vent, Petit Noun prit des allures de soleil couchant.


Au loin, une forêt apparut. Petit Noun la traversa de bout en bout, se roula

dans les feuilles dont il se régala. Il en ressortit... vert prairie.


Un jour enfin, à l'autre bout du temps, Petit Noun aperçut de hautes

silhouettes à l'horizon. Un épais brouillard flottait dans l'air lourd de

poussière et de fumée. Epuisé, Petit Noun se coucha et s'endormit.


Lorsqu'il se réveilla, il était gris souris. Petit Noun soupira. Il 

voyageait depuis si longtemps, jamais il ne retrouverait ses ancêtres

disparus !


Lorsqu'il vit l'eau qui coulait calmement dans les méandres du

fleuve, il s'y glissa pour y pleurer tranquille. Et là, soudain, tandis que

le courant lavait pour de bon son dos rond, il les aperçut... Ses parents !

Ses frères ! Ses amis ! C'étaient bien eux qui l'attendaient, là, dans leur

pyramide de verre ! Fou de joie, Petit Noun courut les rejoindre de toute

la force de ses petites pattes.


Depuis, il dort près d'eux dans la longue nuit du temps tandis que, un

peu partout sur terre, tous les hippopotames se baignent, inlassablement,

dans l'espoir de retrouver un jour leur dos turquoise d'antan.


PETIT NOUN, (GERALDINE ELSCHNER, ANJA KLAUSS) L'ELAN VERT 

samedi 26 février 2022

La trompette enrhumée

 


C'est l'histoire d'une trompette qui trompette tout le temps.

Le matin sous la douche, elle trompette. Pendant la sieste ? elle trompette.

A quatre heures sur sa trottinette, et même la nuit sous sa couette... elle trompette

Sa mère tempête :

- Arrête, arrête, je vais perdre la tête !

Or la trompette a un problème... Elle est enrhumée.

Quand elle joue, disons-le franchement, on dirait une vache qui a avalé un klaxon.

C'est embêtant parce que... La trompette rêve de jouer dans un grand orchestre.

- Attends un peu, dit sa mère. Quand tu seras grande, tu iras voir un imprésario.

- C'est quoi un imprésario ?

- Une personne qui s'occupe d'un artiste, lui trouve du travail et veille sur sa carrière.

  Comme Monsieur Yashimoto, notre voisin.

La trompette s'en va sonner chez l'imprésario. 

- Bonjour, Je suis la trompette de l'appartement d'en haut.

- Ah... c'est toi ! dit-il en se bouchant les oreilles.

- Je voudrais jouer dans un grand orchestre.

- Tu n'as pas le niveau. Et... tu n'aurais pas le nez bouché ?

- Allez, s'il vous plaît, faites-moi engager.

- Il faut que tu fasses des progrès d'abord. Et maintenant laisse-moi, je dois 

  me préparer. Je vais au concert donné ce soir par le grand chef d'orchestre, 

  Monsieur Allegro-ma-non-Troppo, au théâtre de la ville. 

- Très bien ! répond la trompette.

Et elle s'en va, guillerette. Saperlipopette ! Qu'est-ce qui lui passe par la tête ?



Elle court au théâtre retrouver Monsieur Allegro-ma-non-Troppo.

- Bonjour, maître ! Vous n'auriez pas besoin d'une trompette par hasard ?

- Vous tombez à pic. Nous avons un emploi pour vous. A ce soir, huit heure 

  et quart.

Et le soir, à huit heures et quart, voilà notre trompette, au dernier rang des

instruments à vent. Juste devant elle, crâne un énorme tuba. Personne ne la 

voit ! Elle désespère. Elle bondit en l'air pour qu'on la repère. 

Quand le chef lui fait signe, elle se remplit d'air et... lance le son d'une vache

qui a avalé un klaxon.

- Catastrofa ! grogne le tuba d'une grosse voix.

- Qu'on la bâillonne ! crie le saxophone.

La contrebasse attrape la trompette par les pistons... et l'envoi valser dans

les coulisses aux pieds du pompier de service !

Il la pose sur une chaise en paille et fronce ses énormes sourcils. 

- Pas un bruit ! souffle-t-il.

La trompette se fait toute petite. Elle observe la salle, remplie de messieurs

et de dames élégants. Tout semble cousu d'or, étincelant. Au quatrième rang, 

elle reconnaît sa maman et monsieur Yoshimoto, habillés de beau. 

Oh... Mais  qu'est-ce qui brille si fort à coté de Maman ? ... Un ravissant 

petit sac en diamants. Posé sur les genoux d'une dame qui écoute la musique 

la bouche grande ouverte.

- Ce n'est pas prudent ! se dit la trompette. Un pigeon voyageur pourrait s'y

  engouffrer et y déposer du courrier. La dame serait transformée en boîte 

  aux lettres.

La trompette ferme les yeux et part dans un rêve sans queue ni tête. 

BOOUMM ! BOOUMM ! BOOUMM !

La grosse caisse résonne et réveille la trompette. Elle sursaute, jette un œil

sur le pompier endormi qui ronfle comme un malotru. 

Elle voudrait lui dire : "Chut ! Chut !", mais elle n'ose pas. Elle se retourne

vers la salle et aperçoit... un gant noir qui, en un tour de passe-passe, s'empare

du sac en diamants. Un voleur !

N'écoutant que son courage, la trompette sonne l'alerte. 

POUET ! POUET ! POUET !

La dame boîte aux lettres s'écrie :

- Au secours ! On a volé mon sac en diamants ! 

La trompette aperçoit le voleur qui file par une grande porte vitrée tout

au fond de la salle. Et alors il se passe une chose extraordinaire : la 

trompette se met à crier si fort, que la porte vitrée vole en éclats. 

Je t'explique : les sons très aigus provoquent des vibrations dans l'air qui 

vont s'écraser sur les objets en verre et les font exploser. 

Le voleur s'arrête net. Stupéfait. Le pompier se jette sur lui et le ligote 

avec sa lance à incendie. 

Voilà le bandit bien attrapé et ficelé comme un saucisson ! 

Tout le monde se tourne vers la trompette et l'acclame. 

- Quel sang-froid ! Quelle intelligence !


Et sa maman la serre contre elle.

- Je suis fière de toi ! Tu sais, on va soigner ton nez bouché et tu vas 

  devenir une trompette en or. 

Le lendemain, la petite trompette fait la une des journaux. "Une 

trompette héroïque au son unique arrête un voleur ! Monsieur 

Yoshimoto, le grand imprésario, promet de faire d'elle une vedette."

Ivre de joie, notre amie trompette grimpe sur les toits, et un, deux, trois, 

elle fait quoi ? 

Elle trompette. Et trompette et trompette encore.


La trompette enrhumée 

(Hachette jeunesse - Katherine Pancol - Jérôme Pélissier)

vendredi 16 août 2019

Le Ukulélé qui voulait surfer




Le Ukulélé



Le Ukulélé est un instrument traditionnel
des îles de Hawaii à cordes pincées.

Il ressemble à une petite guitare avec
quatre cordes. Il existe 4 formats :

- Soprano (30,5 cm),
- Concert (35,5 cm),
- Ténor (40,5 cm),
- Baryton (45,5 cm).

Le ukulélé qui voulait surfer

Connais-tu l'histoire du ukulélé qui voulait surfer ? Le ukulélé est une petite guitare à 
quatre cordes qui vient de Hawaii. Il émet des sons vanillés, de coquillages parfumés. 
Des notes pour rouler, onduler et se laisser bercer.

Ce n'est pas normal du tout pour un ukulélé de vouloir chevaucher les vagues. Mais 
le ukulélé est obstiné… Il ne veut pas changer d'idée.

- Viens creuser avec nous, disent les petites tortues. On fait un château de sable.
- Non merci, je veux aller courir dans les flots.
- N'importe quoi ! Tu es un ukulélé. Tu ne vas pas dans l'eau !
- Attention, danger ! crie une petite tortue.

Et elles courent se cacher derrière les rochers.


Elles ont aperçu Kahoku, le crabe. Il avance en pas chassés. Il agite ses pinces, pince
en bas, pince en haut. Ca fait peur aux tortues, il trouve ça rigolo.

- Aloha Ukulélé, ça ne vas pas ? Tu fais une tête de noix de coco !
- C'est que… je voudrais surfer ! Et tout le monde se moque de moi.
- Ils ont raison. T'as pas de bras, t'as pas de pieds, tu tiendras pas debout.
- C'est mon rêve ! Et j'y tiens plus que tout !

Et pour montrer qu'il ira jusqu'au bout, il fait sonner trois accords qui réveillent...
… une mangouste paresseuse suspendue à la branche d'un eucalyptus.

- Aaaalooohaaa, baille la mangouste. Pourquoi ce raffut au bas de mon arbre ?
- C'est le ukulélé, rit Kahoku, il est fou ! Il veut apprendre à surfer !
- Tu veux pas faire une sieste, plutôt ?
- Je déteste la sieste ! dit le ukulélé.
- Alors va voir Moana, c'est elle qui fabrique les meilleures planches de l'île,
  et laisse-moi ronfler.
- Très bonne idée !

Dans son atelier, Moana ponce une planche pour la faire briller. 

- Aloha, petit ukulélé ! Que veux-tu ?
- Je veux surfer, bien entendu !

Les planches rangées contre le mur éclatent de rire.

- Il est fêlé ! Il va couler, ce ukulélé !

Le ukulélé ne veut rien écouter. Il a une autre idée : il va demander conseil au très
grand, au très puissant, à celui que personne n'ose déranger… Vous n'allez pas en
croire vos oreilles ! Ecoutez bien !


- Aloha, volcan très puissant ! 

Il l'appelle en faisant vibrer ses cordes. Le volcan crache un petit nuage de fumée
en guise de bonjour.

- Tu m'appelles ? gronde-t-il d'une voix qui fait trembler la terre. 
- Vous qui êtes si sage, si ancien, vous qui savez tout, pouvez-vous m'apprendre
  à surfer ?
- Moi, je sais cracher du feu. Je peux te montrer, si tu veux ?
- Non ! Non ! surtout pas ! C'est trop dangereux !

Trop tard… Le volcan gonfle, gonfle, il devient tout rouge. Il tonne, il bouillonne,
il lance des boules de feu, il partage l'Océan en deux. Les vagues deviennent aussi
hautes que six palmiers empilés. Elles emportent tout sur leur passage et ravagent
la plage.

- Arrête, volcan ! crie le ukulélé. Je t'en supplie, calme-toi !

Le volcan hoquette, souffle un dernier nuage de fumée :

- Impressionnant, n'est-ce pas ?

Le ukulélé regarde autour de lui. C'est épouvantable ! Il entend une petite voix
gémir.

- Maman, je veux ma maman !

C'est un baleineau qui s'est perdu et qui pleure, apeuré.

- T'en fais pas ! On va la retrouver, je te promets ! dit le ukulélé. Chante-moi la 
  berceuse qu'elle te fredonne le soir.

Et le baleineau, secoué de sanglots, chuchote les notes de sa maman adorée. Le
ukulélé, pour le consoler, lui joue une mélodie pleine de si et de mi, de notes qui
sourient. La baleine au loin l'entend et pousse un long gémissement. Elle déchiffre
les notes. Ca fait comme un chemin… qui la mène à son petit.




Il se blottit contre elle et lui fait un gros câlin. La baleine demande au ukulélé :
- C'est toi dont tout le monde parle ? C'est toi qui veut surfer ?
- Oui, mais laissez tomber, je suis trop petit.
- Mais non, j'ai une idée ! Saute sur mon dos. Je t'emmène fendre les flots !

Et voilà, notre ami le ukulélé, bien droit sur le dos de la baleine. Dans les vagues,
il décolle, il glisse, il s'envole ! Il est heureux, heureux, heureux.

Il joue une chanson qui parle de volcans, de baleines, d'îles lointaines. Et tous
les surfeurs de l'île viennent chanter avec lui. Ils dansent dans le ciel et le soleil.
Si tu as un rêve auquel personne ne croit, pense au petit ukulélé et n'abandonne
pas. Aloha !



Le ukulélé qui voulait surfer - Editions Hachette Jeunesse 
Katherine Pancol / Jérôme Pélissier



Le Royaume des Fées - Les Joailliers de la Reine



LES JOAILLIERS DE LA REINE


Sous une haie, au bord d'un grand pré vert, se trouvait un minuscule magasin avec
un écriteau sur la porte qui indiquait : Edouard Scarabée et Fils, joailliers.
En regardant par la fenêtre, on pouvait apercevoir M. Scarabée et son fils Matis
qui travaillaient dans le magasin, tandis que Mme Scarabée préparait un bon
repas, non loin du bébé qui dormait dans son berceau en coquille de noix.


Depuis des années, les Scarabées tenaient un commerce de bijoux pour les habitants
des haies, et ils en vivaient très confortablement.

Un jour, hélas, un énorme tracteur rouge commença à labourer le pré à côté de leur
magasin. Terrifiée, la famille Scarabée empaqueta tout ce qu'elle pouvait emporter et
vola jusqu'à ce qu'elle atteigne la forêt du Royaume des Fées.

- Nous resterons ici, déclara Mme Scarabée. Si nous ne sommes pas en sécurité dans
  le Royaume des Fées, alors je ne sais pas où nous pourrons l'être !

Ainsi, entre les racines tordues d'un grand arbre, ils firent de leur mieux pour
reconstruire un autre petit magasin et y aménager leur maison.

M. Scarabée avait élégamment disposé ses colliers et ses bagues sur des champignons.
Malgré cela, peu de clients s'arrêtaient au début pour admirer les bijoux. Bientôt, un
ou deux papillons s'achetèrent des broches.

Un peu plus tard, quelques souris prirent des boucles d'oreilles, et un mille-pattes
s'offrit un grand nombre de chaînes de cheville bon marché. Mais M. Scarabée hochait
tristement la tête en se rappelant le joli magasin et la confortable maison qu'il avait
eus autrefois. Rien ne serait plus pareil maintenant, pensait-il. Un jour, une magnifique
fée d'or s'arrêta devant le petit magasin.

Elle le regarda très surprise, et s'agenouilla pour mieux voir
les adorables bijoux. Alors M. Scarabée et son fils lui
montrèrent fièrement leurs plus belles pièces.

- Quel beau travail vous faites ! s'extasia la fée, admirative.
  Puis-je prendre trois colliers pour les montrer à la reine
  des fées ? demanda-t-elle.

Aussitôt, M. Scarabée enveloppa les colliers dans des pétales
de fleurs qu'il lia avec un brin d'herbe et les donna à la fée.
Mais Matis était inquiet :

- Et si elle ne nous les rendait pas ? demanda-t-il quand la
  fée fut envolée.
- Elle nous les rendra, assure sa mère. Les fées sont bonnes,
  gentilles et honnêtes, ce n'est pas comme certaines chenilles
  que nous connaissons ! Elle sera bientôt de retour.

Mme Scarabée avait raison : le lendemain, la fée d'or réapparut.

- La reine aime vos colliers et elle veut les acheter tous les trois, leur dit-elle
  avec un sourire. Elle vous offre trois vœux en échange. Elle voudrait aussi
  vous commander un diadème très spécial, avec un collier et un bracelet assortis.
  Un diadème d'or avec beaucoup de pierres précieuses de toutes les couleurs !

Au début, M. Scarabée était enchanté, mais bientôt l'inquiétude l'envahit. Où
pourrait-il trouver tout l'or et les pierres précieuses dont il aurait besoin pour
honorer une telle commande ?

- Mon cher, lui sourit alors Mme Scarabée. Nous avons trois vœux à formuler,
  n'est-ce pas ? Demandons d'abord une mine d'or et de pierres précieuses sous
  l'arbre où nous vivons, puis un beau magasin tout neuf, assez grand pour y
  vivre. Et demandons pour finir un buffet de nourriture qui ne sera jamais vide !




Et c'est ce qui fut fait. A présent, c'est une boutique riche et raffinée qui se trouvait
entre les racines de l'arbre, avec des baies vitrées et un présentoir extérieur pour 
attirer les clients. A l'intérieur, M. Scarabée travaillait devant son établi, tandis que
Mme Scarabée s'occupait du bébé et préparait des mets si délicieux qu'il y avait
presque toujours un visiteur pour venir bavarder et goûter une tranche de gâteau
tout juste sorti du four.

Et chaque fois que M. Scarabée avait besoin d'un diamant, d'une émeraude ou
d'une pépite d'or, Matis descendait par un tunnel dans la mine en dessous. Maintenant,
lorsqu'elle rencontrait quelqu'un de triste, Mme Scarabée lui disait :

- Ne perdez jamais l'espoir ! Regardez-nous ! Nous avions tout perdu et, du jour au
  lendemain, les choses ont changé. Aujourd'hui, nous sommes mieux que nous 
  l'avions jamais été auparavant !



Le Royaume des Fées - Editions PICCOLIA - Shirley Barber



mardi 13 août 2019

L'ogre de noël



Savez-vous qu'il y a fort longtemps les enfants avaient peur de Noël ?

Quand le neige commençait à tomber, des ogres effrayants et méchants descendaient
des montagnes pour voler leurs jouets. Ils remplissaient un grand sac et l'emportait
là-haut dans leur cachette secrète. Dans la vallée, on entendait les enfants pleurer.

Et plus ils pleuraient, plus les ogres riaient. Quelle joie pour eux de faire du mal, de
casser et de brûler tous les jouets volés ! Quand tout était cassé, ils attendaient l'année
suivante pour recommencer.

Un jour pourtant, un ogre pas comme les autres en eut assez. Les sanglots et les pleurs
lui arrachaient le cœur. Ni une, ni deux, il fut enfermé au centre de la Terre par tous ses
compères.

Seul dans le noir, il se mit à chercher un peu de lumière et finit par découvrir une toute 
petite flamme. C'était la Fée du Bonheur que les ogres avaient attrapée et enfermée elle 
aussi. Comme elle était presque éteinte, l'ogre au bon cœur la prit dans ses mains et 
lui souffla toute sa chaleur et tout son amour.

La fée se mit à grandir et retrouva tous ses pouvoirs. Pendant que les ogres riaient et
chantaient dans leur cachette, en détruisant les jouets volés, une grande lumière jaillit
de la Terre et la Fée du Bonheur leur apparut.

Les ogres furent changés en lutins et condamnés à réparer tous les jouets cassés.

L'ogre au bon cœur, lui, se proposa de les redistribuer chaque année. La fée accepta
et lui offrit en remerciement un beau costume rouge pour cacher ses gros bras poilus.
Et pour ses dents pointues, l'ogre se laissa pousser la barbe.

Depuis, chaque année, le jour de Noël, un gros bonhomme rouge dépose dans les
souliers des enfants cadeaux et friandises. Et les enfants sont ravis. Peut-être
l'avez-vous déjà vu ?


24 histoires de Noël - Editions Lito - Zemanel - Magali Tessier

Le Royaume des Fées - Perdus dans la forêt


PERDUS DANS LA FORÊT




- Je voudrais que vous alliez rendre visite à votre grand-mère pour lui apporter une 
  bouteille de mon sirop pour la toux, dit Mme Lapin à ses enfants cet après-midi là.
  Lorsque vous arriverez au croissement, prenez la route des Primevères, elle vous
  conduira tout droit vers la maison de votre grand-mère. Et si vous rencontrez par
  hasard les deux frères Rat, ne vous arrêtez pas pour jouer avec eux, vous savez
  bien qu'ils cherchent toujours les ennuis !

Après avoir embrassé leur maman, Bulette et Prunelle se mirent en route. Au
croisement, ils virent en effet les deux jeunes rats, nonchalamment appuyés
contre le poteau indicateur.

- Vous venez jouer aux billes ? leur demanda d'une voix paresseuse l'un des deux
  frères.

Mais Bulette hocha énergiquement la tête en signe de refus et entraîna sa sœur
Prunelle sur le chemin qui indiquait la route des Primevères. Tandis qu'ils
s'éloignaient rapidement, ils entendirent les deux rats siffler et se moquer d'eux.

Un peu plus tard, Bulette et Prunelle arrivèrent chez leur grand-mère avec le
sirop pour la toux. Ravie de voir ses petits-enfants, elle leur offrit aussitôt un
délicieux goûter. Le temps passa très vite et il fut bientôt l'heure de rentrer.

- Lorsque vous arriverez au croisement, leur expliqua alors leur grand-mère,
  prenez le chemin des Narcisses, et vous arriverez ainsi sans tarder dans votre
  maison.

Le soleil commençait à décliner dans le ciel quand Bulette et Prunelle atteignirent
enfin le croisement. Par chance, les deux vilains rats n'étaient plus là.

- Regarde, ce panneau indique le chemin des Narcisses, dit Bulette à sa sœur,
  et c'est notre chemin pour rentrer à la maison.



 Tandis qu'ils avançaient sur la route, Prunelle cueillit quelques jolies campanules
qui poussaient sur les buissons, mais son frère, lui, était de plus en plus inquiet.
Au lieu de les conduire vers leur maison, le chemin les menait au plus profond
de la forêt...

Bientôt, le soleil se coucha et des ombres étranges apparurent. Soudain, les
glapissements d'un renard s'élevèrent non loin d'eux. Bulette s'arrêta aussitôt :

- Prunelle, dit-il a sa sœur, ce n'est pas la bonne route. Je crois que nous sommes
  perdus. Il nous faut trouver un abri pour passer la nuit et demain, quand il fera
  jour, nous essayerons de retrouver notre chemin.

Mais ils ne trouvèrent aucun abri assez large pour les cacher et les glapissements
du renard semblaient maintenant se rapprocher… Effrayée, Prunelle se mit à
trembler si fort que les fleurs qu'elle tenait tintinnabulèrent comme des clochettes.

- Vous m'avez appelée, petits lapins ? fit tout à coup une voix douce et musicale
  tandis qu'apparaissait devant eux une belle fée bleue tenant une baguette magique
  dans la main. N'ayez pas peur, les tranquillisa-t-elle J'utiliserai ma magie pour
  envoyer le renard au-delà de la colline et je donnerai une leçon à ces deux
  vilains rats.



- Ils ont tourné le poteau indicateur dans le sens opposé pour que vous empruntiez
  le mauvais chemin. C'est pourquoi vous vous êtes perdus. Et quant à vous, petits
  lapins, je vais illuminer les campanules pour vous éclairer et vous montrer votre
  chemin dans la nuit.

- Oh merci, gentille fée ! s'exclamèrent en chœur Bulette et Prunelle.

Leur peur oubliée, ils se mirent à courir vers leur maison, suivant le chemin éclairé
par les petites campanules. Jamais ils n'avaient été aussi contents de retrouver leur
papa et leur maman qui les attendaient avec impatience à l'entrée de la maison !



Le Royaume des Fées - Editions Piccolia - Shirley Barber