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samedi 29 septembre 2012

Au pays des petits poux

Le pays des petits poux est un vieux matelas
abandonné au fond du jardin. Les petits poux
y habitent depuis des années. Chaque petit
pou dans son petit trou.

Aujourd'hui c'est l'anniversaire du petit poux
gras. Tous les autres petits poux du pays sont
invités dans la grand trou, au milieu du matelas.
C'est la première fois qu'ils vont tous se rencontrer.

Pour l'occasion, le petit pou gras a préparé de délicieux gâteaux à la poussière de matelas : il a accroché de petites lanternes colorées, et a installé un puissant tourne-disque pour la musique. Car c'est bien connu : les petits poux adorent danser et sautiller partout. On sonne enfin à la porte :

- Youhou ! s'écrie le petit pou gras, ce doit être mes
   invités !

Et il se précipite pour ouvrir. Une fois la porte
ouverte, il observe attentivement les autres
petits poux. Il est surpris car il s'attendait à
trouver d'autres petits poux blancs et gras
comme lui. Quelle déception ! Il regarde alors
un petit pou devant lui et lui demande d'une voix contrariée :

- Pourquoi tu es maigre comme un haricot ?

Le petit pou maigre ne sait pas trop quoi dire. Il regarde son voisin et lui demande :

- Et toi, pourquoi tu es jaune comme une banane ?

Vexé comme un pou, le petit pou jaune se tourne vers son voisin :

- Pourquoi, toi, tu as de grands yeux ? Tu ressembles à un hibou.

Un hibou ? Ne sachant pas quoi répondre, le petit pou
aux grands yeux regarde autour de lui et s'adresse à
son voisin :

- Et toi, on dirait que tu as des baguettes à la place des
   jambes !

Confus, le petit pou aux longues jambes demande
alors à son voisin :

- Et toi, d'où te viennent toutes ces couleurs ? Tu ressemble à un perroquet !

Le pou multicolore se retourne vers le petit pou gras et le questionne à son tour :

- Mais toi, au fait, pourquoi tu es gras comme un hippopotame ?
- Quelle question bête ! répond le petit pou gras, oubliant que c'était lui qui l'avait
   posée le premier. Je ne sais pas, je suis né comme ça, un peu gras.

A son tour, le petit pou maigre répond :

- Moi non plus, je ne sais pas : je suis né comme ça, un
   peu fin.
- C'est pareil pour moi, j'ai toujours été jaune de la
   tête aux pieds, c'est tout, dit le petit pou jaune.
- Moi, j'ai les yeux de ma maman ! affirme le petit pou
   aux grands yeux.
- A ma naissance, j'avais déjà les jambes aussi longues, dit cet autre pou d'un air embarrassé.
- Moi aussi, je suis né tout coloré ! dit le pou multicolore en souriant timidement.

Sur ce, le petit pou gras conclut d'un ton satisfait :

- Rentrez ! Il semblerait qu'on y peut rien.
- Oui, on n'y peut rien, allons danser ! s'écrient les
   petits poux en choeur.

Et, après ces grandes réflexions, ils se précipitent
tous sur la piste de danse et se mettent à sautiller
à droite et à gauche.

Car au pays des petits poux, comme dans tous les
autres pays du monde, on ne choisit pas : on naît comme on naît, l'un différent de l'autre. Il n'y a que les poux qui ne le savent pas.

Au pays des petits poux (Béatrice Alemagna - Phaidon)

samedi 22 septembre 2012

Susie au magasin

Susie est devenue une grande fille. Maintenant, elle
peut aller toute seule au magasin.

- Va acheter un sac de haricots, lui demande
   Grand-Maman.
- Facile ! dit Susie

Susie tient le porte-monnaie de Grand-Maman serré
dans sa main. Tout le monde peut voir qu'elle va faire
les courses. Elle en a de la chance !

A l'épicerie, il y a beaucoup de clientes. Des clientes qui sortent et d'autres qui entrent. Comment ça marche ? se demande Susie. Personne ne la voit. Finalement, Susie
réussit à s'approcher du comptoir.

- C'est au tour de cette petite fille, dit une cliente.
- Que veux-tu ? demande l'épicière.
- Un sac... un sac de...

Un sac de quoi ? Susie a oublié. Tout le monde la regarde.

- Un sac de pommes de terre, peut-être ? demande l'épicière.
- Oui, dit Susie.

Ouf, ça y est ! Elle a fait les courses ! Maintenant, elle
retourne à la maison. Ce sac est vraiment très grand.
Il est aussi un petit peu trop lourd. Quand on la voit
avec ce gros sac bien rempli, tout le monde comprend 
que Susie revient du magasin. Ouf ! que ce sac est
lourd !

Méchante Grand-Maman ! Pourquoi m'as-tu fait
acheter cet énorme sac qui pèse une tonne ?
Grand-Maman est fort étonnée lorsque Susie entre en tirant un sac presque aussi grand qu'elle.

- Mais, ma chérie, qu'est-ce que c'est que ça ?
- Des pommes de terre ! Mais c'est horriblement lourd !
- Tu devais acheter des haricots, Susie, un sac de haricots.
- Des haricots ! C'est ça ! J'ai dit à la dame que je voulais des haricots, mais elle m'a 
   quand même donné des pommes de terre.
- Ah bon ? Elle est bizarre cette épicière !
- Oui, elle est très méchante. J'ai dit : Je ne veux pas de pommes de terre, je veux des
   haricots. Alors elle a dit : Tu prendras des pommes de terre !
- Mais elle est folle : te faire porter un sac aussi lourd ! Je vais aller lui dire un mot, moi,
   à cette épicière !

Grand-Maman est partie avec le sac de pommes de terre.
Elle est furieuse contre l'épicière. Grand-Maman est
bientôt de retour.

- Susie, dit-elle, qu'est-ce que cela signifie ? Tu as dit à
   l'épicière que tu voulais des pommes de terre. Tu te
   moques de moi ?

Susie ne répond pas. 

- Susie, tu as peut-être oublié ce que tu devais acheter ?
- Oui, un petit peu.
- Ça peut arriver à tout le monde, mais tu ne dois plus jamais raconter des mensonges.
   Promis ?
- Promis.
- Maintenant, tu vas aller acheter deux petits pains aux raisins pour le goûter, dit
   Grand-Maman.
- Facile, s'écrie Susie.

La pâtisserie n'est pas loin et des petits pains, c'est facile à porter.

- Petits pains aux raisins,  petits pains aux raisins... raisins, raisins, raisins... Ne pas
   oublier : raisins !

Lorsque Susie arrive devant la pâtisserie, elle n'a pas
oublié "petits pains aux raisins", mais le porte-monnaie
de Grand-Maman a disparu. Susie court vers la
maison en pleurant silencieusement. Comment cela
a-t-il pu arriver ? Quand elle arrive chez Grand-Maman,
elle éclate en sanglots.

- On m'a volé le porte-monnaie !
- Calme-toi, dit Grand-Maman, tu l'as peut-être laissé
   tomber sur le trottoir. Allons voir...
- Il est là ! Il est là !

Susie saute de joie.

- Rentre à la maison, Grand-Maman. Moi je vais au magasin.

Susie n'attend pas longtemps. C'est déjà son tour. Le porte-monnaie est toujours
là, dans sa main.

- Je voudrais deux... deux...
- Deux quoi ? demande la vendeuse. Des choux à la crème ? Ils sont tout frais...
- Je crois que c'est ça, dit Susie.

La vendeuse dispose deux choux dans une boîte en
carton.

- Ça ira pour les porter ? demande-t-elle.
- Oh oui, bien sûr ! Susie a déjà porté des choses
   tellement plus lourdes.

Mais cette boîte, c'est bizarre. Lorsque
Grand-Maman fait les courses, elle ramène des
sachets, jamais des boîtes... Susie s'est-elle
encore trompée ?

- Non, non, c'est parfait !

Susie au magasin (Eva Erikson - Pastel)

samedi 15 septembre 2012

Asticots

Je m'ennuyais, Oh ! comme je m'ennuyais !

Papa avait invité tous les gens importants de l'usine
et il m'avait obligé à assister au dîner. Quand je suis
entré dans le salon, il m'a présenté en disant :

- Et voici votre futur patron !

Parce que l'usine lui appartient, et qu'elle sera à moi
quand je serai grand. En attendant, je m'ennuyais à
mourir. Ils parlaient tous de choses qui ne m'intéressaient pas, que je ne comprenais même pas. alors, j'ai été content quand papa m'a demandé d'aller chercher la salade. J'avais mal aux jambes à force de rester assis sans bouger.

Je suis allé à la cuisine. Tout était préparé sur une table roulante. Il y avait une petite
coupe en cristal pour chaque invité, avec des feuilles de salade, des crevettes et des
amandes grillées pour décorer.

En voyant les coupelles de salade, tout à coup, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé aux
asticots. Aux asticots pour la pêche que je conserve
dans le frigidaire, derrière le pot de fromage blanc.

J'ai sorti la boîte du frigidaire, j'ai ôté le couvercle et
j'ai glissé un asticot dans chaque coupelle de salade.
Ensuite, j'ai poussé la table roulante jusqu'à la salle
à manger. J'ai servi les invités et je me suis assis.

Après, je ne me suis plus ennuyé. J'ai regardé
comment ils se débrouillaient avec leur asticot.
C'était très intéressant. Sauf papa. Il n'arrêtait pas de parler. Il a avalé sa salade et son asticot sans rien remarquer.

Mme Dumont, la secrétaire de direction, a failli s'étoufer quand elle a aperçu la
gentille petite bête qui se tortillait au milieu des crevettes. Mais elle est maligne. Elle
a regardé à droite, elle a regardé à gauche, et pfuit ! de la pointe de son couteau,
elle a expédié l'asticot le plus loin possible. Ni vu ni connu.

M. Lechansu, le chef comptable, lui, il m'a plutôt impressionné. Quand il a découvert l'intrus, il a à
peine froncé un sourcil : il l'a soigneusement
enveloppé dans une feuille de salade et l'a avalé
sans broncher.

Le plus drôle, je trouve, c'était M. Terrier, le
chef du département informatique. Quand il a vu
l'asticot, il a eu un hoquet si violent que ses lunettes
ont dégringolé dans son assiette. Ils les a repêchées
et les a remises sur son nez, puis il a fixé la pauvre
bête d'un air horrifié comme si elle allait lui sauter à la figure. Alors, je l'ai un peu aidé. J'ai demandé :

- Vous n'aimez pas les crevettes, monsieur Terrier ?

Il a balbutié :

- Si, si... c'est-à-dire non... je veux dire oui... oui, bien sûr...

Et, courageusement, il s'est lancé. Il a avalé l'asticot d'un seul coup, avec un énorme
morceau de pain, puis il a vidé un verre d'eau pour faire passer le tout. Oh ! la tête
qu'il faisait ! J'ai dû me cacher derrière ma serviette tellement je riais. Mais,
brusquement, mon père m'a rappelé à l'ordre :

- Jean-Victor, dépêche-toi de manger. Tout le
   monde a fini depuis longtemps.

Il avait sa voix de président-directeur général.
Alors, je n'ai pas discuté. En trois coups
de fourchette, j'avais avalé ma salade... Et l'asticot.

Asticots (Bernard Friot - Milan Jeunesse)

C'est bizarre

Très loin d'ici, sur une autre planète, il y a un pays avec une maison dans laquelle vivent :
un élastique, un pot de mastic, deux moustiques et un sac en plastique. C'est normal, ils
sont amis.

Pour y aller, il faut se laver puis s'habiller. On met un costume en pilou, des bottes en
caoutchouc, un chapeau mou et des lunettes sur les genoux. C'est normal, on ne va
pas y aller tout nu.

Dans ses bagages, avec sa brosse à dents, on emporte : des rotules, des capsules, des
modules et des tubercules, sans oublier du savon pour faire des bulles et d'autres jeux
ridicules. C'est normal sinon on s'ennuierait.

Sur la route, on fait une halte sur l'astre Tur. Au bar de l'astéroïde, on rencontre
un minuscule androïde. Personne d'autre. C'est normal, il y a peu de mots en roïde.

Avec sa boisson verte, on commande un sandwich dans lequel on découvre : une feuille
de rhododendron, deux oreilles de polisson à la sauce de limaçon et quelques
poils de paillasson. C'est normal, dans les bars de l'espace, on ne trouve pas de baguette
au saucisson avec des cornichons. Pas de fromage non plus.

En repartant, on constate que la fusée est couverte de griffures, de rayures,
d'éclaboussures, d'épluchures de pommes de Tur avec en plus une fine couche de
confiture... C'est normal, l'androïde n'était pas bien élevé.

428 ans plus tard, arrivé sur la planète, on fait bonjour avec les mains, on offre son
cochon en massepain aux gentils martiens, on visite le joli jardin public et on demande
son chemin. C'est normal, on ne fait pas bonjour avec un cochon en massepain, on
ne demande pas un gentil jardin, on ne visite pas les mains et on n'offre pas un joli
martien à un chemin public.

Devant la maison des amis, on est poli, on reste assis sur un tapis sans faire de bruit
coiffé d'un tamis... C'est normal, c'est dimanche.

Alors, la porte s'ouvre... sur le seuil apparaît le sac en plastique qui frétille et s'écrie :

- Venez voir, il y a quelqu'un devant chez nous qui a mis un tamis sur sa tête !

Les deux moustiques, le pot de mastic et l'élastique accourent et disent en coeur : ...
COMME C'EST BIZARRE !

C'est bizarre (Benoît Jacques - Benoît Jacques Book)

Le croqueur de cafards

Si vous passez rue du Dahu, vous verrez peut-être Téo.
Pour le repérer, il faut bien regarder : Quand il se met
sur la pointe des pieds, Téo dépasse un peu, un tout
petit peu, au-dessus de la haie de la maison, au numéro 7.

Téo aimerait dépasser carrément énormément de sa haie.
Il voudrait être haut, large, costaud, géant... Un peu
comme Clovis, mais en beaucoup moins méchant. Parce
que Clovis, aïe aïe aë !

- Ce garçon-là est une vraie canaille, comme dit la mémé de
   Téo qui sait tout ce qui se passe dans le quartier.

Téo aimerait trop lui rabattre son caquet, à ce Clovis de malheur. Mais il n'est pas de
taille, il ne fait pas le poids. Chaque fois qu'il essaie, c'est raté. En plus, Clovis est
frimeur. Toujours à se vanter de n'importe quoi. De savoir parler anglais. De tuer
des loups dans la forêt. D'avoir trouvé un diamant dans son steak haché...

Justement, pile devant la haie de téo, Clovis est en train de raconter à Amanda, la
plus chouette fille du quartier, qu'il saute à l'élastique avec le Président de la République.
En entendant ça, Téo soupire :

- Pfff, même pas vrai !
- Tu me crois pas, Téo comme trois pommes ? Tu veux que je t'écrase le nez ?
   Que je te transforme en purée ?

Aussitôt Clovis soulève Téo par-dessus la haie :

- Non merci, non non, ça ira ! murmure Téo en moulinant
   ses petites jambes dans le vide.
- Et qu'est-ce que tu fais d'autre, comme exploits, Clovis ?
   demande Amanda pour changer de sujet.

Ouf, Clovis repose Téo par terre.

- Je croque des cafards. C'est délicieux, plein de vitamines
   et ça croustille sous la dent !
- Quelle horreur ! C'est dégoûtant ! hurle Amanda.

Et elle s'enfuit en courant. Téo rejoint Amanda dans son jardin :

- T'y crois, toi, à cette histoire de cafards ?
- A mon avis, c'est encore des bobards !
- On n'a qu'à lui en apporter un, on verra bien s'il le croquera !
- Super-idée, on le fait !

Quelle chasse ! Téo et Amanda explorent tout le quartier à la recherche d'un cafard... Rien.
Ils sont sur le point d'abandonner, quand Amanda pointe du doigt la terrasse d'un restaurant :

- Là ! Là !

Un cafard se promène tranquillement sur une nappe, bien
gros, bien noir, bien dodu, bien crochu, bien luisant...
Aussitôt, Léo bondit, saute, rampe, crapahute... Les clients
ne sont pas contents. Le patron non plus. Mais tant pis.
Téo finit par attraper le cafard. Victoire !

Téo et Amanda installent la bête dans une boîte
d'allumettes. Téo fait même une étiquette :

CAFARD TOUT FRAIS. UN REGAL ! SUPER CROUSTILLANT SUPER VITAMINE

Ensuite, Téo et Amanda se postent au coin de l'impasse
où habite Clovis. Ils n'attendent pas longtemps. Clovis
arrive en sifflotant, avec une nouvelle trottinette.

- Salut Clovis, lance Téo : on a une surprise pour toi !
   Un cafard bien frais à croquer !
- Beuh... Deuh, Gueuh... bafouille Clovis tout blanc.
   J'ai pas le temps !
- Ca prend deux secondes, voyons ! insiste Téo avec un sourire gourmand.

Clovis recule. On dirait un gros crabe vert :

- Non, euh... Je... Je... Je suis barbouillé...
- Justement ! Ca va te soigner ! C'est super-vitaminé ! continue Amanda en lui mettant
   le cafard sous le nez.

Clovis réussit à s'échapper. Sa trottinette va plus vite
qu'une fusée. Ses lunettes tombent. Téo et Amanda
rient aux éclats. Le soir, Téo et Amanda relâchent le
cafard au bord du trottoir.

- Au revoir et merci, petit cafard, t'as réussi à faire
   peur à Clovis, t'es un champion !

Le croqueur de cafards (Fanny Joly - Mathieu Sapin - Tourbillon)

samedi 1 septembre 2012

Jojo et le secret de la bibliothécaire

Jojo aime la bibliothèque. Il adore lire sur les coussins de toutes les couleurs des romans,
des bandes dessinées ou des albums…! Mais Jojo a un problème avec l'une des
bibliothécaires. Elle est gentille, mais elle pose trop de questions. Quand Jojo rend un
livre, elle veut tout savoir…

- Alors, raconte ! Ça t'a plu ? Comment s'appelle le héros ? Ça ne t'a pas fait peur ?
   Il y a du suspense ?

Jojo l'évite. La bibliothèque, ce n'est pas l'école ! S'il faut faire un résumé de tout ce qu'on
a lu… Il préfère même rapporter ses livres à Madame Pétesèque qui inspecte les bouquins
qu'on lui rend comme si on y avait laissé son goûter ou un chewing-gum en guise de
marque-page… Mais, ce jour-là, pas moyen d'échapper à la grande bavarde.

- Alors, il est bien ce livre ? Qu'est-ce que ça raconte ?
- Vous n'avez qu'à le lire vous-même !

Bien sûr, Jojo n'aurait pas dû répondre ça. Quand il voit ce qu'il a provoqué… Jojo regrette
ce qu'il a dit. Il le regrette encore plus…

- BOUH BOUH SNIF !

… quand la bibliothécaire lui dit son terrible SECRET.

Depuis ce jour, Jojo n'est plus le même. "Encore en train de lire ?, je ne peux pas venir : j'ai
un livre à finir."

- Il parle seul ?
- On dirait qu'il apprend quelque chose par cœur.

"Tu n'as pas vu mon chapeau ?, Où est le grand couteau ?, Je ne trouve plus mon foulard
rouge et noir." Et ce mercredi-là, quand Jojo sort, il ne sait pas qu'il est suivi.

- Jojo ? Il n'est pas visible. Il donne une leçon dans la salle audiovisuelle.
- Une leçon ? Une leçon de quoi ?

Madame Pétesèque, apprenant qu'elle a affaire aux parents de Jojo, consent à leur avouer
le SECRET. Elle les emmène dans une petite pièce d'où on peut voir ce qui se passe dans
la salle de spectacle.

- Comment, Blanquette, tu veux me quitter ?
- Je… me languis ch… chez vous.
- Regarde-moi, je suis Rackham le Rouge !
- Elle suit bien, je pense que, dans quelques semaines, grâce à Jojo… elle saura LIRE
   autrement qu'avec le stylo qui déchiffre les codes-barres. Elle pourra alors passer son
   examen et devenir une vraie bibliothécaire. Mais, chut, les voilà ! »

- La semaine prochaine, on attaque les contes de Perrault. J'apporte des bottes, toi,
   cherche des petits cailloux : on fera le petit Poucet .

Un an plus tard, Madame Pétesèque prend sa retraite. Elle est très heureuse d'annoncer
à ses lecteurs que son assistante vient de réussir son examen… et que c'est par elle qu'elle
va être remplacée. La nouvelle vraie bibliothécaire adore raconter des histoires aux enfants.

- Alors le loup se jeta sur elle et la MANGEA !

Le mercredi, quand il y a beaucoup de monde, quelqu'un vient lui donner un coup de main…

- Alors, Jojo, ça te plaît, cette histoire ? Raconte !

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