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mardi 19 novembre 2013

Les chercheurs de Lumières


On raconte qu'il y a longtemps, dans un pays loin vers le nord, au-delà du cercle polaire et
de la mer du Nord, le Soleil brillait jour et nuit, sur une plaine verte, fertile, arrosée de
parfums fleuris. Les gens là-haut, vivaient simplement, ils vivaient heureux, élevant les
rennes, construisant leur traîneaux pour les doux hivers, quand les plaines enneigées
brillaient comme des miroirs ensoleillés.

Dans ce pays, on disait aussi que la Nuit, on l'avait enfermée un matin dans une caverne.

On l'avait enfermée il y a si longtemps, depuis bien avant la naissance du père du
grand-père de la grand-mère de n'importe quel enfant, il y a si longtemps, que la Nuit, on
l'avait oubliée...

La Nuit, on en parlait encore auprès du feu, les légendes racontaient qu'elle avait un visage

pâle et froid, au regard brillant comme mille diamants étincelants. Mais le père du
charpentier qui fabriquait les navires, lui, il ne pensait pas cela. Lui, il disait que la Nuit,
c'était un drakkar fait entièrement d'or et d'argent, qui éclairait les hommes, et qui s'était
échoué il y a longtemps, lors d'un déluge, dans les montagnes, à l'est, au pays des trolls et
des ours savants.

Mais la grand-mère du fermier qui vivait au pied de la montagne, elle disait autre chose.
Elle racontait que la nuit, c'était une grande dame sombre, dont le visage changeait tout le
temps, au long manteau tissé de fils d'or jaunes et brillants, et plus riche que tous les princes
de l'Orient.

Mais voilà, un trésor aussi beau, un trésor aussi riche connu au pays des hommes, cela
attirait les convoitises ; les chercheurs d'or cherchaient, les chasseurs de trésors chassaient,
si bien qu'un jour, la nuit fut découverte, et libérée.

D'abord, on ne l'a pas vue beaucoup, elle venait seulement quand tout le monde dormait,
à pas de loup. Mais, bien vite, en quelques semaines, elle envahit tout le ciel, et toute la
journée, du matin jusqu'au midi, du midi jusqu'au souper. Et allez expliquer çà à des gens
qui n'avaient jamais vu la nuit et son obscurité étoilée, on pensait à la fin du monde. Tous
étaient paniqués car le soleil avait disparu, et sans soleil, pas de récolte et sans récolte,
qu'allait-on manger ?

Aussi, dans le village, on s'est organisé. Certains marins disaient qu'ils avaient vu le soleil
se cacher derrière la mer, alors, comme on n'avait pas d'autres idées, les hommes du village
sont partis dans leur bateau de pêche avec de grands filets tressés pour l'occasion. C'était
décidé, ils partiraient au bout de la mer pour repêcher le Soleil.

Dans ce village vivait aussi un petit garçon avec ses parents et son grand-père qui était si
vieux et si fatigué qu'il était presque aveugle et que même les mots avaient du mal à sortir
quand il parlait. Le père de l'enfant, lui, était parti, comme tous les hommes du village, il
avait pris un grand sac, des couvertures, quelques vêtements, de la nourriture, et comme
les autres, il avait dit que le soleil, on le retrouverait et que tout redeviendrait comme avant. 

Mais voilà bien trois semaines qu'il était parti, et personne n'avait de nouvelles, ni des autres,

ni de lui. L'enfant, quand il en parlait avec son grand-père, il disait :
 
-         Je ne comprends pas pourquoi on lui en veut à la Nuit, moi je la trouve plutôt jolie.

Et c'est vrai qu'au fond, il l'aimait bien, avec ses étoiles et ses grandes ombres sous la lune,
quelle merveille ! Et chaque fois, en allant aux nouvelles des pêcheurs de soleil avec sa
bougie, il s'arrêtait en chemin pour admirer la Nuit, et il pensait à son père parti chercher la
lumière.

C'est alors qu'une branche craqua derrière son dos. Il prit peur, il serait bien allé se réfugier
dans la maison mais elle était trop loin. Son cœur se mit à battre vite, vite; il n'osait pas se
retourner, il essayait de se faire petit, tout petit, mais son cœur battait comme cent tambours.

-         Tu sais où se trouve le Soleil ? dit alors une voix grave qui ressemblait à un
   grognement.

Il ne répondit pas, il restait immobile.

-         Parce que , j'ai vu que tu avais des rayons de Soleil plein les mains, alors, je me
   suis dis, comme je cherche le Soleil... 
 
L'enfant tourna lentement la tête. Une énorme masse poilue, qui devait faire au moins trois
fois sa taille, le regardait avec un air maladroit et timide.

-         Oui, parce que, chez nous, reprit-il, le Soleil, on n'en a plus... Tu peux me dire
   où je peux en trouver, du Soleil ?
-         Non, répondit l'enfant qui avait la gorge nouée par la peur.
-         Tant pis, reprit l'ours dans un immense soupir, merci quand même.

Une larme coulait sur le coin de ses yeux.

-         Attendez, dit alors l'enfant, je n'avais jamais vu personne comme vous, et j'avais
   peur, le Soleil, on l'a perdu nous aussi, et la lumière dans mes mains, ce n'est
   qu'une bougie. Mais peut-être que vous n'êtes pas venu ici par hasard, peut-être
   que vous connaissez la route pour retrouver le soleil...
-         Le Soleil, chez nous, dans les montagnes, on dit que c'est le Grand Ours Noir qui
   l'a attaqué, qu'en combattant, Le Soleil a perdu les milliers de points qui brillent
   dans le ciel, mais on dit aussi qu'il a perdu la bataille et qu'il s'est enfui. Alors,
   pour retrouver le Soleil, ou au moins quelques rayons qu'il aurait perdus, je suis
   parti, comme les autres, à la recherche du maître de la Forêt du Nord. J'y étais
   presque arrivé quand je t'ai vu avec tes rayons de Soleil. Mais tu sembles le
   chercher toi aussi, accompagne-moi si tu veux; voir ta lumière m'a redonné une
   lueur d'espoir.

Ils partirent, laissant derrière eux, dans la neige fraîche et bruyante, de larges traces profondes
et ondulantes. Ils marchaient à travers la toundra, et bientôt, la bougie, qui déjà, était bien
petite, s'est éteinte. Mais les deux chercheurs de Soleil ne perdaient pas courage, et
glissaient toujours tout droit vers le nord, sous la lune.

Les premiers arbres se dressaient, noirs, au-dessus de leurs ombres, quand une fine pluie
de diamants commença à tomber du ciel pour venir fondre dans leurs mains. Il neigeait, et
sous les reflets de la lune, ça étincelait, et ça brillait de toute part. Ils respiraient l'odeur
froide et naïve de la neige, c'était beau, comme mille anges tournoyant dans le ciel.

C'est alors qu'une grande ombre glissa au-dessus de leurs têtes, comme un bruit de plumes
à travers les flocons. Ils s'arrêtèrent. Un long sifflement vint rompre le silence de l'hiver.
Dressé sur une branche, une silhouette noire et raide les regardait fixement de ses yeux
brillants comme des éclairs dans un ciel d'orage.

-         Je crois que c'est lui, murmura l'ours, qui n'était pas trop rassuré.

Mais une voix l'interrompit, une voix qui venait d'un grand arbre, qui venait d'une haute

branche, et qui résonnait dans la forêt en de multiples échos.

-         Un ours et un enfant, comme c'est touchant...
-         Nous cherchons le Soleil, on nous a dit que le Maître de cette forêt connaît le
   moyen de le retrouver ! reprit l'ours.
-         Ils cherchent le Soleil, quelle drôle d'idée....

L'ombre s'envola pour se poser sur une branche plus basse qui surplombait les deux

compagnons.
 
-         Mais pourquoi vous aiderais-je ? Mon domaine à moi, c'est la Nuit, et j'y suis
   bien. C'est là que je démasque ce que les autres ne peuvent voir, c'est là que je
   découvre ceux qui se cachent, c'est là que j'effraie ceux qui ont peur, c'est la
   Nuit qui me nourrit et qui me fait vivre. Le Soleil, lui, ne m'aime pas, et ses
   rayons sont pour moi comme des poignards aveuglants. Le Soleil que vous
   cherchez n'est plus ici, il est de l'autre côté de la terre. Nous, les créatures de la
   nuit, nous sommes différentes, nous ne vivons vraiment que lorsque la terre
   s'assombrit, et c'est parce que nous sommes un mystère pour les créatures du
   jour qu'elles ont peur de nous, mais au fond, ont-elles seulement essayé de
   nous connaître ?
-         Alors, dit l'enfant dont les yeux brillaient de plus en plus à mesure qu'ils se
   remplissaient de larmes, alors le Soleil a disparu pour toujours ? 
-         Oh, ne me regardez pas comme cela, je n'y suis pour rien, la vie est ainsi, on
   n'a pas toujours ce que l'on veut, et je n'ai pas choisi cette situation, même si,
   je dois l'avouer, depuis que la Nuit est là, je suis libre, je ne suis plus enfermée
   dans l'enceinte sombre de la forêt.
-         Il n'y a donc aucun moyen ? Qu'allons-nous devenir, nous qui ne pouvons pas
   vivre dans la Nuit ? reprit l'ours.
-         Oh, il y a bien un moyen de résoudre le problème, il vous suffit de traverser la
   forêt, toujours vers l'est et de compter toutes les étoiles que vous verrez dans le
   ciel. Si vous avez assez de courage et que votre cause est juste, tout s'arrangera.
-         Comment cela peut-il marcher ? demanda l'enfant.
-         Il faut croire que cette forêt n'est pas qu'une simple forêt... répondit l'ombre,
   puis, en deux battements d'aile, elle disparut.

La neige s'était arrêtée de tomber et avait effacé leurs traces. Ils étaient perdus. Alors,
comme ils n'avaient pas d'autre solution, ils se mirent en route, vers l'est. L'ours marchait
péniblement dans la neige épaisse et portait l'enfant qui comptait les étoiles.

-         Un, deux, trois, quatre,...

Il comptait, comptait, ça le berçait en même temps. Arrivé à 1956, ses paupières devinrent

de plus en plus lourdes. Il pensait, je ne dois pas dormir, il luttait, mais bientôt, il
s'endormit. Quand ils se sont réveillés, ils n'étaient plus dans la forêt, ils étaient au sommet
d'une colline, au pied d'un arbre où se trouvait, silencieuse, l'ombre de la veille.

-         Enfin, vous vous réveillez juste à temps. Le Soleil et la Nuit font mauvais
   ménage; je vais partir, la Nuit va bientôt se retirer, mais elle ne partira jamais tout
   à fait, et reviendra chaque hiver, plus noire que jamais, avec ses Lunes à midi.
   Vous, vous aurez pour vous les étés et les Soleils de minuit. Maintenant, adieu,
   je dois partir.

Elle disparut en une fraction de seconde. Il n'y avait plus un bruit à la ronde. C'est à cet
instant qu'un disque de lumière jaune et brillante qui ressemblait à une orange, qui
ressemblait au Soleil apparut à l'horizon.

Le jour était revenu, on apercevait au bas de la colline la mer, le village et les bateaux
de pêche qui rentraient au port. L'enfant et l'ours se firent leurs adieux et partirent chacun
de leur côté. Au village, pour fêter les retrouvailles, on fit une grande fête qui dura bien
 trois jours.

C'est depuis cette époque que, chaque hiver, le Soleil disparaît et que chaque année, à la
même date, les enfants de ce pays sortent avec des bougies en mémoire de l'Ours qui les
aida à retrouver le Soleil.

Robin Semal

mercredi 25 septembre 2013

Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.


Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine

A la claire fontaine


À la claire fontaine
M'en allant promener,
J'ai trouvé l'eau si belle,
Que je m'y suis baignée
.
REFRAIN
Il y a longtemps que je t'aime,
Jamais je ne t'oublierai.

Sous les feuilles d'un chêne
Je me suis fait sécher,
Sur la plus haute branche,
Un rossignol chantait.
REFRAIN
Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai,
Tu as le cœur à rire,
Moi, je l'ai à pleurer.
REFRAIN
J'ai perdu mon ami
Sans l'avoir mérité,
Pour un bouquet de roses,
Que je lui refusai.
REFRAIN
Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que mon doux ami
Fût encore à m'aimer.

samedi 3 août 2013

Maman, tu m'aimes ?

- Maman, tu m'aimes ?
- Bien sûr, je t'aime.
- Beaucoup, beaucoup ?
- Beaucoup, beaucoup et plus encore. Plus que le
   corbeau son trésor, plus que le chien sa queue,
   plus que la baleine ses nageoires.
- Tu m'aimeras toujours toujours ?
- Jusqu'au jour où l'Oumiak s'envolera vers la lune,
   où les étoiles se feront poissons, où le macareux
   hurlera comme un loup.
- Maman, si je transportais des oeufs... nos oeufs de ptarmigan et que je faisais très
   attention, et que je marchais très lentement, mais que je tombais quand même et que
   les oeufs se cassaient ?
- Alors, je serais bien ennuyée. Mais je t'aimerais tout autant.
- Et si je mettais du saumon dans les poches de ta parka ? Des hermines dans tes moufles ?
   Des lemmings dans tes mouklouks ?
- Alors, je me fâcherais.
- Et si je jetais de l'eau sur la lampe ?
- Alors, je me fâcherais tout rouge. Mais je t'aimerais quand même.
- Et si je m'échappais de chez nous ?
- Alors, je me ferais du souci.
- Et si je ne revenais pas ? Si je m'installais dans une caverne pour chanter avec les loups ?
- Alors je serais très triste. Mais je t'aimerais quand même.
- Et si je me changeais en boeuf musqué ?
- Alors, je serais surprise.
- Et si je me changeais en morse ?
- J'aurais un peu peur, aussi.
- Et si je me changeais en ours blanc, le plus féroce
   de la terre entière avec des dents pointues,
   pointues, et que je te courais après et que tu
   rentrais dans la tente en hurlant ?
- Alors je serais très surprise, et j'aurais très peur
   aussi. Mais malgré tout, sous ta peau d'ours, tu
   serais toi et je t'aimerais. Je t'aimerais toujours,
   toujours, encore et encore et toujours, parce que tu es mon enfant à moi.



dimanche 2 juin 2013

La lettre au Père Noël

Cher Père Noël
Je voudrais un robot et une trottinette. Tu peux aussi
m'envoyer des billes, mais c'est pas obligé.
Gros bisou sur ta joue !
Hugo

Hugo a terminé sa lettre. Il la glisse dans l'enveloppe et sort
la poster. Au petit matin, la lettre arrive chez Zinzin, le lutin
facteur. Zinzin n'est pas réveillé. Il pose le courrier sur la
table et bâille en se servant du lait.

Zut ! il en a renversé. Zinzin n'a rien vu, mais, sur la lettre de Hugo, des gouttes de lait ont effacé des mots. Plus tard, enfin réveillé, Zinzin lit le courrier :

- Quelle tête en l'air, ce Hugo ! Il a oublié des morceaux de mots. Heureusement,
   je suis là pour tout arranger.

Zinzin prend son dictionnaire. Il cherche, il lit, il réfléchit. Voilà, il a trouvé ! Alors, de sa
plus jolie écriture, il ajoute des lettres là où elles sont effacées :

Cher Père Noël.
Je voudrais un robinet et une omelette. Tu peux aussi
m'envoyer des gorilles, mais c'est pas obligé.
Gros bisou sur ta joue !
Hugo

Ravi de son travail, Zinzin se précipite chez le Père Noël. Il court vite, trop vite
sur la neige. Zap ! il dérape. Zoup ! il roule comme une boule. Quand Zinzin se
relève, la lettre de Hugo est toute déchirée.

- Saperlipopette, c'est trop bête ! Cette lettre est aussi trouée que mes chaussettes !

Il retourne dans son chalet pour la réparer. Mais il ne
sait plus très bien ce qu'elle disait. Alors il colle au
hasard et il jette les morceaux en trop. Un peu gêné,
Zinzin trottine sur la pointe des pieds jusqu'à l'atelier
du Père Noël. Vite, il glisse la lettre sous la porte et
file dans son chalet.

Dans l'atelier, des lutins tapent avec leurs marteaux, d'autres chantent en décorant les cadeaux. Le petit Zozo trouve la lettre par terre. Aussitôt, il la lit et fronce les sourcils :

- Saperlipopette, drôle de lettre ! Hugo est tombé sur la tête !

Cher bisou
Je voudrais envoyer une omelette sur des gorilles
obligé robinet
Père Hugo

Zozo est bien embêté. Les omelettes, il sait les fabriquer. Mais les gorilles, comment
les attraper ? Seul le Père Noël peut l'aider... Assis dans son salon, le Père Noël se
gratte le front :

- C'est une erreur. Hugo n'a pas écrit une lettre pareille ! Voyons, voyons,
   réfléchissons...

Soudain, il se lève et attrape un livre dans sa bibliothèque :

- Je voudrais lui préparer un cadeau à ma façon, un cadeau qui plaît à tous les
   petits garçons...

Doucement, le Père Noël tourne les pages de son livre. Assis sur ses genoux, Zozo
ouvre de grands yeux. Le Père Noël sourit :

- Tu vois, Zozo, les livres m'aident souvent à trouver des idées. Hum, Hum...
   Fabriquer un vélo... non. Un circuit... non. Un château... non plus.

Au bout de quelques instants, le Père Noël annonce fièrement :

- Ça y est, je sais ! Zozo, va me chercher ma boîte à outils !

La barbe emmêlée et les sourcils froncés, le Père Noël travaille, très concentré.
Zozo court pour apporter la peinture. Zozo souffle pour faire sécher la colle.
Zozo est épuisé quand, enfin, le Père Noël lève le nez.

- Voilà, nous avons terminé. Un cadeau comme ça, je n'en avais jamais fabriqué !
   Va te reposer, Zozo, tu l'as bien mérité.

Zozo sourit, il est content.

- Oui, Père Noël, je suis le dernier lutin éveillé ! Pour demain, tout est prêt.

C'est le soir de Noël. Les étoiles dansent dans le ciel et les rennes veulent faire comme
elles. Le grand voyage peut commencer. Lentement, le traîneau glisse sur la neige et
s'envole au son des clochettes.

Toute la nuit, le Père Noël dépose ses cadeaux. Enfin,
au petit matin, il arrive chez Hugo. Près du sapin, il
installe ses paquets et murmure :

- Amuse-toi bien, Hugo, avec ton drôle de cadeau !

Le soleil s'est levé. Hugo descend l'escalier sur la
pointe des pieds. A la lumière du sapin, un gros cadeau
scintille... Hugo déchire le papier et saute de joie. Sur l'emballage brillant, il a lu : Super robottinette à billes (le robot qui se change en trottinette, qui fabrique des billes et fait cuire les omelettes).

A ce moment-là, une lettre glisse du paquet :

Mon petit Hugo,
Moi aussi, j'adore les omelettes ! L'an prochain,
quand je reviendrai, pourrais-tu m'en préparer ?
Père Noël.

La lettre au Père Noël (Christine Palluy - Milan Poche) 

Quels cochons, ces cochons !

Dans une petite forêt près de la route vit un sanglier.
Ses amis le renard, le lièvre, l'écureuil et le cerf aiment
beaucoup jouer avec lui. Mais quand ils le voient se
rouler dans la boue, ils font la grimace et lui tournent
le dos d'un air dégoûté.

Un jour, un cri strident retentit du côté de la route. Aussitôt, le sanglier accourt. Un drôle d'animal de couleur rose est étendu par terre, sur le
ventre. Le sanglier prévient ses amis.

- Un lutin ! chuchote l'écureuil.
- Je ne crois pas, dit le cerf. Ce doit être un humain.
- Mais non, déclare le renard, c'est un cochon, un "presque sanglier" !

Ça alors ! Le sanglier est furieux. ce soi-disant cochon n'a rien
à voir avec lui !

- Je sais ce que je dis. C'est un cochon, un cousin du sanglier,
   répète le renard.

Intrigué, le sanglier décide de suivre l'animal en cachette. Le
renard a peut-être raison : l'inconnu a un petit air de famille.
En tout cas, il a un groin, comme lui. Mais pourquoi est-il
rose, et sans poils, et tout rond ? Il a peut-être attrapé ça
dans l'endroit où il vit ?

Et que fait-il ici, dans la forêt, avec sa drôle de queue en tire-bouchon ? Il vaut
mieux l'avoir à l'oeil. Stupéfait, le sanglier voit ce goinfre engloutir ses marrons.
Mais il y a pire ! Ce gros culotté est en train de lui voler ses amis !

Et ce n'est pas tout ! Voilà que, sans rien demander, il s'est allongé sous son
arbre préféré pour faire une petite sieste. Le sanglier est très en
colère.

- Maintenant, ça suffit ! hurle-t-il. Tu manges mes marrons, tu me
   prends mes amis et même mon coin pour dormir. Tu n'as pas le
   droit !
 
Le gentil cochon ne comprend pas ce qui lui arrive. Il s'enfuit au
triple galop et pique un plongeon dans une mare de boue. Sans
hésiter, le sanglier plonge derrière lui. Ils se battent comme des
chiffonniers. Et pan ! Et vlan ! Et splatch ! Et splotch !

La boue gicle de partout ! Peu à peu... la bataille se transforme en une vaste partie
de rigolade. Depuis ce jour, dans la petite forêt, un sanglier et un cochon vivent
heureux. Leurs amis le renard, le lièvre, l'écureuil et le cerf aiment beaucoup jouer
avec eux...

Quels cochons, ces cochons ! (Barbara Mobmann - kid pocket)

dimanche 26 mai 2013

Le génie des eaux

Le génie des eaux et les hippocampes

- Hé, vous ? crie un génie des eaux à des hippocampes
   qui se balancent doucement au fond de l'océan. L'un
   de vous peut-il m'emmener jusqu'à la mer Baltique ?
   Je suis pressé.
- Impossible ! répondirent-ils. Trouve un animal plus
   rapide que nous.
- On vous appelle pourtant des chevaux de mer,
   répond le génie.
- Oui, nous ressemblons à des chevaux, mais nous
   sommes lents et préférons nous promener. Demande
   à un dauphin. Il pourra te conduire à ta destination.
- C'est ce que je vais faire, dit le génie des eaux. Alors, promenez-vous bien !

 
Le génie des eaux et les moules

- Bonjour ! dit le génie des eaux en rencontrant une
   multitude de moules qui grandissent sur un rocher.

Aucune d'elle ne répondant, le génie des eaux répète
son salut :

- Bonjour, mesdemoiselles ! 

N'obtenant toujours pas de réponse, il s'écrie :

- Bonjour ! Quelqu'un m'entend-il ?
- Ne crie donc pas comme ça ! s'exclame alors une moule grincheuse. Nous ne sommes pas
   sourdes ! ronchonne une autre moule.
- Pardon ! dit le génie des eaux. Vous ne m'avez pas répondu, alors je pensais que vous ne
   m'entendiez pas.
- Ecoute, ajoute une moule, nous voulons la paix ! Est-ce si difficile à comprendre ?

Le génie des eaux soupire.

- Pourriez-vous me dire où trouver un dauphin ?
- Un dauphin ? je n'en vois pas, dit une moule. Il n'y en a pas ici.
- Ici non plus ! s'écrient les autres en ricanant.
- Vous n'êtes pas très accueillantes, répond le génie des eaux.

Alors les moules cessent de ricaner.

- Non, c'est ainsi ! disent-elles. Nous faisons la sieste et tu nous déranges.

Penaud, le génie des eaux reprend sa route.


Le génie des eaux et l'étoile de mer

Au loin, le génie des eaux aperçoit soudain une étoile
de mer d'un rouge éclatant. Elle est étalée sur un
rocher.

- Bonjour, étoile de mer ! Salue le génie des eaux.
- Tiens de la visite ! murmure l'étoile de mer. Ma jolie
   couleur te plaît-elle ? demande-t-elle.
- Oui, elle me plaît bien, répond le génie.
   Pourrais-tu me ... commence-t-il, mais l'étoile de
   mer l'interrompt.
- Elle te plaît un peu ou beaucoup ?
- Oh, beaucoup ! répond poliment le génie des eaux. Mais pourrais-tu...
- Ah bon ! s'écrie l'étoile de mer. C'est sans doute la plus belle couleur de tout l'océan.
   Qu'en penses-tu, génie des eaux ?
- Je ne connais pas tout l'océan, répond sincèrement le génie des eaux, et il ajoute :
   Peut-tu me dire où trouver un dauphin ? Il faut qu'il me conduise dans la mer Baltique.
- Un dauphin ? demande l'étoile de mer d'une voix aiguë. Tu parles de ces animaux gris,
   toujours de bonne humeur ? Ah, non, ils parlent beaucoup trop. Je voulais te dire
   encore... continue l'étoile de mer.

Elle parle tant qu'elle ne remarque pas que le génie des eaux est parti depuis longtemps.



Le génie des eaux et la baleine

- Bonjour, la baleine ! crie le génie des eaux à un
   énorme cétacé qui passe près de lui.
- Quelle est la puce d'eau qui me parle ? dit la baleine.
- C'est moi ! s'écrie le génie des eaux. Je cherche un
   dauphin. En as-tu vu un ?
- Un puce cherche un puceron, et il faudrait que je
   l'aide, souffle la baleine.

Puis elle se reprend :

- Excuse-moi, s'il te plaît. Mon mal de gorge me met de très mauvaise humeur. Je ne peux
   plus chanter. Et nous, les baleines, nous sommes réputées pour nos chants.
- J'ai un bon remède contre les maux de gorge, déclare le génie des eaux. Fais un gargarisme
   avec de l'eau de mer.
- Ah, répond la baleine. Si j'ouvre grand ma bouche et que je nage, cela devrait m'aider ?

Le génie des eaux approuve.

- Merci et bonne chance dans ta recherche ! dit la baleine en s'éloignant.


Le génie des eaux et le poisson-ballon

- Bonjour ! dit le génie des eaux à un poisson-ballon. Je
   suis à la recherche d'un dauphin qui pourra me
   conduire rapidement jusqu'à la mer Baltique.
- Moi aussi, je sais nager vite, déclare le poisson.
   Regarde !

Il se gonfle d'air et devient aussi rond et gros qu'un ballon,
puis il expulse l'air. Cela le propulse en avant à la vitesse
d'une fusée. Cependant, deux mètres plus loin, l'air s'étant
épuisé, le poisson s'arrête.

- Veux-tu que je te conduise dans la mer Baltique ? demande-t-il au génie des eaux.
- Merci ! répond le génie des eaux, un peu impressionné. Sur une courte distance, tu
   es vraiment imbattable, mais pour un voyage aussi long, je crains que ta technique ne
   soit pas tout à fait appropriée.



Le génie des eaux et le homard

- Bonjour ! lance les génie des eaux à un homard qui
   est en train de déjeuner. Bon appétit !
- Hmpfmmhpf, répond le homard avec la bouche
   pleine.

Après avoir avalé, il répond :

- Bonjour ! Savais-tu que les homards peuvent être
   gauchers ou droitiers ?
- Non, je l'ignorais, répond le génie des eaux.
- Selon le côté où se trouve leur grande pince, ils sont gauchers ou droitiers. Moi, je suis
   gaucher, ajoute le homard en agitant sa grande pince gauche.
- Intéressant ! répond poliment le génie des eaux.
- Et toi, es-tu gaucher ou droitier ? demande le homard en faisant cliqueter sa pince droite.

Le génie regarde ses mains.

- Je suis ambidextre, dit-il. Je me sers des deux mains.
- Ca n'existe pas, dit le homard. Je n'en ai pas encore jamais entendu parler.
- Et as-tu déjà entendu parler d'un dauphin ? demande le génie des eaux. Ils n'ont pas de
   mains, mais ils peuvent nager très vite. J'en cherche un pour m'emmener dans la mer
   Baltique.
- Sans mains ? demande le homard en secouant la tête. Non, jamais entendu parler
   d'un tel animal !


Le génie des eaux et le génie annonciateur de naufrage

- Tiens, qui est donc si pressé ? Il me ferait tomber de
   mon hamac !

Le génie des eaux regarde autour de lui et découvre un
gros génie annonciateur de naufrage qui se balance
dans les algues.

- Oh, pardon ! répond le génie des eaux. Je suis
   vraiment très pressé. Il faut que j'aille jusqu'à la
   mer Baltique. Si je ne trouve pas rapidement un
   dauphin pour m'emmener, j'arriverai trop tard.
- J'ai eu un dauphin comme animal domestique. Il n'arrêtait pas de jacasser et de faire des
   tours d'adresse. Tout cela me donnait le vertige.
- Où est-il maintenant ? demande le génie des eaux, plein d'espoir.
- Je lui ai dit que je n'avais pas besoin d'animal domestique. Alors il est parti retrouver
   ses amis.
- Sais-tu où je peux le trouver ?
- On ne trouve pas les dauphins. Ce sont eux qui te trouvent... s'ils le veulent.


Le génie des eaux et la mouette

Assis sur un rocher, le génie des eaux pleure.

- Si tu continues à pleurer ainsi, nous aurons bientôt
   une marée haute, lui dit alors une mouette.
- Il faut que j'aille aujourd'hui jusqu'à la Baltique, lui
   répond-il, tristement. Ma grand-mère y fête son
   anniversaire, mais je ne trouve pas de dauphin pour
   m'y conduire. Seul, je n'y arriverai jamais.
- Hmm ! répond la mouette. As-tu le vertige ?
   ajoute-t-elle.
- Non, pas du tout ! rétorque le génie, vexé.
- Alors, je peux t'emmener puisque tu n'as pas peur de l'altitude.

Le génie des eaux est ravi. Il se hisse sur le dos de la mouette, qui s'envole immédiatement.
Elle vole longtemps puis dépose le génie des eaux dans la mer Baltique.

- Merci, jolie mouette ! s'écrie-t-il en regagnant les profondeurs de la mer. Ah, enfin de
   l'eau ! pense-t-il alors. Je suis un génie des eaux, pas un génie des airs.


Mini-histoires (VEMAG)