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lundi 8 octobre 2012

Attention extraterrestre

Perdue quelque part au fond de l'univers il y a l'étoile
que voici. Si loin et si perdue qu'elle n'a pas de nom.
Autour de cette étoile sans nom tournent des planètes,
sans nom elles aussi. Parmi les planètes sans nom qui
tournent autour de l'étoile sans nom, il y a la petite
planète que voilà et que personne ne remarque jamais.

C'est une boule de fer avec des volcans d'où sortent
des cailloux et des gaz qui puent. Presque pas d'eau et
rien qui pousse. Enfin, il y a tout de même un arbre
qui pousse. Mais c'est un arbre bizarre. A la bonne saison, des fruits bizarres apparaissent sur l'arbre bizarre.

En grandissant, les fruits deviennent de vilains petits bonshommes. Ces vilains petits
bonshommes sont les fameux extraterrestres avec lesquels on nous casse les pieds
depuis des années. quand ils sont tout à fait poussés, ils tombent de l'arbre. Puis ils
s'en vont à la queue leu leu, en grattant le sol avec leurs pieds, jusqu'à la ville des
extraterrestres.

Leur ville est moche comme tout. Les maisons sont en forme
de boîtes de conserve et des cailloux traînent au milieu des
rues. Les extraterrestres ont trois activités principales.
1 . Le shopping : ils achètent des cailloux. 2 . le jogging : ils
courent dans tous les sens en portant des cailloux. 3 . Le
meeting : ils circulent en l'air sur de ridicules petites motos
de l'espace en déplaçant des cailloux.

Le meeting c'est ce qui se passe quand on ne regarde pas
devant soi. Les extraterrestres sont très intelligents. C'est
prouvé, il y a des exemples.

Exemple 1 : Ils n'ont pas besoin d'ouvrir la bouche pour parler. Ils échangent leurs points
de vue par transmission de pensée.
Exemple 2 : Avec leurs yeux, ils peuvent faire des projections de diapositives en 3D
pendant des heures.
Exemple 3 : Ils parviennent à résoudre des problèmes métaphysiques très compliqués
sans le moindre effort.

Pour comprendre comment ils font pour être intelligents, il suffit d'ouvrir le panneau
devant leur tête. On constate que le cerveau occupe tout l'espace à l'intérieur. On
découvre aussi que leur sang c'est du citron pressé. Malgré leur meeting, leur
jogging, leur shopping et leur grande intelligence, les extraterrestres ont un
problème : ILS S'ENNUIENT !
C'est pour ça qu'un soir, ils organisent une réunion dans la
salle polyvalente. Ils imaginent alors un plan horrible : Ils
décident de partir dans leurs engins de l'espace...
pour venir jusque sur la Terre ET NOUS ENVAHIR !!!.

Comme nous ne sommes pas aussi intelligents qu'eux, on
n'a évidement pas remarqué qu'ils sont sur le point de
débarquer. Ils atterrissent en Hollande, dans un grand
champ de betteraves. En regardant par sa fenêtre, Jan le
fermier a aperçu d'inquiétantes lueurs à l'horizon. Il vient inspecter son champ accompagné de son chien Rex. Tiens ? un extraterrestre !

Les extraterrestres transportent Jan et Rex, raides comme des statues, dans leur engin de
l'espace pour leur faire subir des expériences désagréables : les couper en petits morceaux
pour voir comment les habitants de la terre sont faits à l'intérieur, par exemple.

Ouf, non ! Ils ne font pas d'expériences. Ils lisent dans
les pensées. Ils arrivent à lire dans les pensées du
fermier. Mais pas dans celles du petit chien. Ils font
tout de même une expérience avec le fermier : ils lui
mettent un sachet rempli de mystérieuses petites
boules noires dans la poche de sa salopette.

Ensuite, grâce à leur système de télétransportation
mentale, ils déposent doucement le fermier et son
chien au beau milieu du champ de betteraves. Puis ils
repartent dans l'espace et on ne les revoit plus jamais. Je n'ai rien compris ! C'était quoi leur plan diabolique pour envahir la terre, alors ?

Si, ça y est, j'ai compris ! Ce qu'ils ont mis dans la poche du fermier, ce sont des graines.
Surtout ne plantez pas ces graines, monsieur Jan ! Ce sont des graines de ... Trop tard,
il les plante. C'est son métier de planter. Et il ne sait pas que ce sont des graines d'arbre
à extraterrestres.

L'arbre pousse vite. En trois jours il a déjà poussé de moitié
et des fruits bizarres apparaissent sur ses branches. Au
secours ! On va être envahis par ces horribles petits
extraterrestres... C'est affreux ! Ils vont nous construire
leurs hideuses maisons boîtes de conserve partout et nous
obliger à faire du shopping, du jogging et des meetings.

Oui mais le fermier dit toujours que si on veut que les fruits
aient un bon goût de citron pressé... il faut les cueillir avant
qu'ils ne tombent de l'arbre ! C'est bien meilleur comme ça.  

Attention extraterrestre ( Benoît Jacques / BJ Books) 

dimanche 30 septembre 2012

Jojo sans peur

Jojo n'avait pas froid aux yeux. Il lui arrivait d'avoir
froid aux mains, froid aux pieds, mais froid aux yeux,
jamais. Son père avait peur du gendarme. Sa mère
avait peur du dentiste. Ses copains avaient peur du
loup, de la maîtresse et du noir, lui jamais.

Sur le plongeoir de la pistoche, là où les autres ont la
pétoche, il allait sans trembler. Quand les autres se
faisaient un sang d'encre pour un devoir mal fait, il
gardait son sang-froid. La chair de poule, il ne l'avait qu'en sortant du bain si quelqu'un faisait un courant d'air.

- La porte !

La peur donne des ailes, lut-il un jour dans une sombre histoire de bandits.

- Quelle chance ont les trouillards, ils savent voler !

Jojo essaya de faire peur à toutes sortes de bêtes pour voir si elles s'envolaient. Aux chats,
aux chiens, aux hamsters ou aux poissons rouges. Aucune de ces bêtes ne s'envolait. À sa
mère, il fit une belle trouille.

- Hou !

Mais à part la gifle qu'il récolta, il n'apprit rien de neuf. Ses parents s'inquiétaient.

- Tant qu'il n'aura pas eu une peur bleue, ce gamin sera insupportable.

Un jour que Jojo était à l'école, ils se déguisèrent. Le
père en Dracula, la mère en sorcière. Quand Jojo
arriva le soir, ces deux guignols ne l'effrayèrent point.

- Où sont mes parents ?

Dracula ricana, la sorcière cracha, toussa et dit d'une voix de fausset :

- Tes parents ? Je les ai transformés en lézards !

En lézards ? L'idée plut d'abord à Jojo. Puis il se
souvint que le matin même, il avait arraché la queue
d'une de ces bestioles, juste pour lui faire peur. Jojo
devint vert de peur. Il avait peut-être coupé son père
ou sa mère en deux !

Dracula se dédraculassa, la sorcière se désorciérisa,
pour rassurer Jojo. Depuis qu'il a eu peur, Jojo
respecte les bêtes; leur faire peur ne l'amuse plus.

- Pardon, pigeons.  

La peur, ça vous scie les jambes, ça ne donne pas d'ailes… même au fils de Dracula !

Jojo sans peur (Bruno Heitz - Circonflexe)

Des lunettes providentielles


Dans toute la forêt alentour, madame la Taupe avait une très mauvaise réputation. Pensez
donc, elle ne s'arrêtait jamais pour dire bonjour, et parfois même renversait les pauvres
petites bêtes qui croisaient son chemin.

Le plus astucieux des habitants de la forêt, le lapin Augustin, décida un jour de lui rendre
visite et de lui demander franchement la raison de ce comportement.

- Madame la Taupe, dit Augustin, pourquoi êtes-vous donc toujours si grognon ?
   Vous ne saluez jamais personne, vous n'avez jamais un mot aimable.
- Mais ce n'est pas de ma faute, répondit la taupe, je n'y vois rien et quand je
   m'aperçois de quelque chose, il est déjà trop tard.
C'était donc ça ! Augustin réunit alors tous les animaux qui décidèrent d'offrir une paire de
lunettes à madame la Taupe pour son anniversaire.

Maintenant, tout le monde trouve qu'elle est la plus gentille et la plus polie des habitants de
la forêt.

Le dromadaire mécontent



 










Un jour, il y avait un jeune dromadaire qui n'était pas content du tout. La veille, il
avait dit à ses amis:

- Demain, je sors avec mon père et ma mère, nous allons entendre une conférence,
   voilà comme je suis moi !.

Et les autres avaient dit :

- Oh, oh, il va entendre une conférence, c’est merveilleux. 

Et lui n'avait pas dormi de la nuit tellement il était impatient, et voilà qu'il n'était pas
content parce que la conférence n'était pas du tout ce qu'il avait imaginé : il n'y avait
pas de musique et il était déçu, il s'ennuyait beaucoup, il avait envie de pleurer.

Depuis une heure trois quarts un gros monsieur parlait. Devant le gros monsieur il y
avait un pot à eau et un verre à dents sans la brosse et, de temps en temps, le monsieur
versait de l'eau dans le verre, mais il ne se lavait jamais les dents et visiblement irrité il
parlait d'autre chose, c‘est-à-dire des dromadaires et des chameaux.

Le jeune dromadaire souffrait de la chaleur, et puis sa bosse le gênait beaucoup; elle
frottait contre le dossier du fauteuil, il était très mal assis il remuait. Alors sa mère lui dit :

- Tiens-toi tranquille, laisse parler le monsieur, et elle lui pinçait la bosse;

Le jeune dromadaire avait de plus en plus envie de pleurer, de s'en aller... Toutes les cinq
minutes, le conférencier répétait :

- Il ne faut surtout pas confondre les dromadaires avec les chameaux, j'attire, mesdames,
   messieurs et chers dromadaires votre attention sur ce fait : le chameau a deux bosses
   mais le dromadaire n'en a qu'une !

Tous les gens, de la salle disaient :

- Oh, oh, très intéressant et les chameaux, les dromadaires, les hommes les femmes et les
   enfants prenaient des notes sur leur petit calepin.

Et puis le conférencier recommençait :

- Ce qui différencie les deux animaux c'est que le dromadaire n'a qu'une bosse, tandis que,
   chose étrange et utile à savoir, le chameau en a deux ...

A la fin le jeune dromadaire en eut assez et, se précipitant sur l'estrade, il mordit le conférencier :

- Chameau ! dit le conférencier furieux.

Et tout le monde dans la salle criait :

- Chameau, sale chameau, sale chameau !

Pourtant c’était un dromadaire, et il était très propre.

                                                       Jacques Prévert

Le miroir des fées célestes

Avez-vous déjà entendu parler du palais de Brocart ?
Mais si, bien sûr, c'est le palais des deux fées célestes
qui tissent tout le long du jour, les nuages, pour
l'empereur du Ciel. Vous vous tromperiez bien si vous
les croyiez heureuses de leur sort car les deux fées
s'ennuient à mourir dans leur palais. Un jour d'ailleurs,
elles se sont sauvées. Écoutez plutôt...

Ce jour-là, c'était l'anniversaire de l'empereur du Ciel
et tous ses serviteurs étaient occupés aux préparatifs
d'un grand festin. Les employés célestes s'amusaient
dans les salles impériales et la garde de la porte du Sud, celle par laquelle on descend sur la terre, buvait joyeusement à la santé de l'empereur et sombrait peu à peu dans une somnolence béate. Les deux fées célestes étaient restées seules.

Dans leur merveilleux palais, elles s'ennuyaient de vivre constamment dans la béatitude, de
boire tous les jours du nectar et de tisser tous les jours un nuage en forme d'enclume et sept
nuages blancs moutonneux. Leurs jours se ressemblaient comme un neuf ressemble à un
autre neuf et nos deux fées s'ennuyaient, s'ennuyaient à mourir.

- Tu sais, petite sœur, soupirait la plus jeune, je préférerais m'en aller et descendre sur la
   terre plutôt que de continuer à m'ennuyer ici. Les hommes ne connaissent pas leur
   bonheur !    Tant de travail, et toujours du nouveau, ça me plairait tellement !
- A moi aussi, continua l'aînée, et si tu voyais leurs montagnes et leurs rivières qui
   serpentent ! Que c'est beau ! Rien de pareil dans ce palais ennuyeux. Et si nous nous
   sauvions ? 

Le chemin n'est pas long de la pensée à l'acte. Les deux fées
célestes se mirent en route et, sur la pointe des pieds, tout
doux, tout doux, elles se faufilèrent jusqu'à la porte du Sud
qui conduisait à la terre. Les gardes dormaient profondément.
Les deux jeunes filles se glissèrent dehors furtivement.

- Maintenant, petite sœur, proposa la cadette, nous allons nous
   séparer. Tu iras vers le Sud, et moi vers le Nord. Et lorsque
   nous aurons trouvé un être en détresse, nous resterons pour
   l'aider.

Ainsi se séparèrent les deux fées. Et tout se passa comme l'avait dit la plus jeune. Toutes
deux rencontrèrent deux vieilles femmes solitaires et usées et restèrent à les aider. Bientôt,
elles perdirent leur teint transparent et devinrent toutes roses. Elles se plaisaient beaucoup
sur la terre. Jamais plus elles ne pensaient au ciel.

Mais rien n'est éternel, hélas. Cent ans avaient passé sur la terre, cent ans, ce qui fait
exactement sept jours au ciel. Les festivités avaient pris fin et l'empereur Céleste
commença à chercher les deux jeunes filles. Mais en vain, elles étaient introuvables.

- Où sont-elles donc passées, gronda l'empereur. Voilà un moment qu'il n'a pas plu et
   j'aurais besoin qu'on me tisse au plus vite un nuage d'orage. 

Et l'empereur fit chercher les deux fées. Les serviteurs revinrent bientôt pour lui
apprendre que la porte du Sud était ouverte et que les deux jeunes filles s'étaient
probablement sauvées.

- C'est un comble ! s'écria l'empereur. Qu'on me les ramène au plus vite ! Sinon,
   j'enverrai sur la terre une sécheresse abominable !.

Alors les messagers célestes descendirent sur la terre à la recherche des deux fées.
Ils les trouvèrent enfin. Mais les jeunes filles ne voulaient pas rentrer. Pourtant, il fallut
bien se rendre ! Pouvait-on désobéir à un ordre de l'empereur du Ciel ? Tête baissée,
les yeux pleins de larmes, les deux fées reprirent le chemin du ciel. En arrivant devant
la porte du Sud, la plus jeune dit :

- Petite sœur, je crois que je mourrai de regret si je ne peux plus regarder le monde en
   bas ! 

L'aînée hocha la tête en soupirant, puis elle dit :

- J'ai une idée. Jetons nos miroirs. Ainsi, quand nous regarderons en bas, nous y verrons se
   refléter le monde entier.

Alors les deux jeunes filles sortirent leurs miroirs de leurs
larges manches et les jetèrent en bas. Les miroirs
descendirent en scintillant, ils tournoyèrent un instant avec
de petits sifflements et tombèrent sur la terre où ils se
transformèrent en deux lacs enchantés dont les eaux
limpides reflétaient les montagnes, les forêts, les collines et
les hommes. Et savez-vous où sont ces deux lacs ? L'un
est en Chine, c'est le Grand Lac Occidental, et l'autre au
Vietnam, à Hanoi.

Au pays du cirque magique

Au pays du cirque Magique, un drame se joue. Le
clown Kiférire ne trouve plus son nez rouge ! Il le
cherche partout, dans les loges, dans le chapiteau,
dans les écuries, sous les estrades, sous les tapis…

Il lève la tête pour regarder vers les acrobates, rien !
Il va voir les singes, les lions, les éléphants, rien ! Pas
de nez rouge nulle part ! C’est le drame car la
prochaine représentation est dans quelques heures…

Il regarde même sous la queue du boa Cricri, sous
les pattes du tigre Léon, derrière l’oreille de la girafe Julie, rien pas de nez rouge il est perdu !

L’horloge vient de sonner quatre heures et les petits enfants qui habitent
dans le cirque Magique croquent leur goûter sans se douter des misères du
clown Kiférire.

Kiférire ne sait plus où chercher et, seul dans sa roulotte, de grosses larmes
coulent de ses yeux entraînant des traces sur la peinture blanche de son visage.
Il interroge l’homme orchestre Kifaiboum, le magicien Tesmalin, le dompteur
Hercule, personne n’a rien vu !

Il pense soudain que de la peinture rouge fera l’affaire,
mais hélas le dernière goutte a été utilisée pour
repeindre les bancs du cirque.

- Qui a bien pu être assez méchant pour me cacher
   mon nez rouge pleurniche t’il !

Soudain une petite colombe se pose sur la fenêtre. Elle
regarde Kiférire si triste, si malheureux. Alors elle lui dit
dans l’oreille :

- Si tu veux je peux t’aider, moi je sais qui t’a pris ton nez rouge.

Kiférire n’en revient pas ! Un oiseau qui parle et ce n’est même pas un perroquet !

- Non, lui dit la colombe je suis la fée Cloé et je sais où est ce nez rouge que
   tu cherches depuis un long moment. Si tu lèves la tête tu pourrais peut être le
   voir, mais il ne fait pas encore nuit. Mais cependant je peux avec mon téléphone
   qui est dans le manche de ma baguette magique te mettre en contact avec
   l’auteur de ce larcin !

Kiférire ne sais pas trop ce qu’il doit croire, mais le temps presse, le spectacle
va bientôt commencer. S’il y a un moyen de retrouver son nez rouge alors allons-y !

Il colle son oreille sur la baguette de Cloé et entend :

- C’est moi la Lune ! Je suis honteuse, c’est moi qui t’ai volé ton nez rouge.
   De voir rire tous les soirs les petits enfants, j’ai trouvé mon ciel bien triste et
   là-haut dans le ciel les petites étoiles ne s’amusent pas beaucoup. Alors je
   n’ai pas résisté au plaisir de faire rire les étoiles moi aussi. Mais il me
   fallait ton joli nez rouge. Voilà maintenant tu sais tout alors je vais te le rendre
   bien sûr !

Kiférire n’en revient pas ! Il propose alors à la lune :

- Si tu veux je vais t’en acheter un pour toi aussi et la
   fée Cloé te le porteras dès demain matin, dès que
   je serais près d’une ville pour aller faire cet achat.

Ainsi Kiférire peut, ce soir là, faire rire tous les petits
enfants car la fée Cloé vient de lui rapporter son nez rouge. Si vous levez la tête le soir les petits enfants vous pouvez peut être voir dans le ciel les étoiles scintiller de rire devant la lune  qui fera son numéro de clown.

Le fouet magique

Virgile et Didi passent l'après-midi ensemble.

- On peut aller faire un petit tour, tous les deux ? demande
   Virgile à sa maman.
- Pas trop loin, mes chéris, répond-elle.

Dans la forêt, tout à coup, Virgile dresse l'oreille.

- Tu n'as pas entendu un cri ? On dirait que quelqu'un
   appelle au secours... Il faut qu'on aille voir.
- Mais c'est dangereux, là-bas, répond Didi.
- Tant pis, il faut y aller, décide Virgile.

Un oiseau pris dans un filet appelle désespérément. Virgile et Didi courent le
libérer.

- Oh merci, mes amis, dit l'oiseau en s'envolant. Si jamais vous
   avez besoin de moi, appelez-moi, je viendrai aussitôt.

Il faut rentrer maintenant. Mais Virgile et Didi ne retrouvent
plus leur chemin. Didi se concentre :

- Je crois que c'est par là.
- Non, dit Virgile. Sûrement pas.
- Et si on demandait à l'oiseau de nous aider ?
- Pas question ! déclare Virgile. Il faut qu'on se débrouille
   tout seuls.

La nuit est tombée. A la lumière de la lune, une haute maison apparaît.

- Allons voir ! dit Virgile.

Virgile frappe à la porte. Didi, prudente, s'est cachée derrière la maison. La porte
s'ouvre.

- Oh, le mignon petit ! Entre, mon lapin, je vais te préparer à
   dîner.

Virgile a peur, il voudrait s'enfuir mais c'est trop tard. La
sorcière l'a attrapé au bout d'un long fouet et le fait tourner,
tourner comme une toupie.

- Danse ! Danse pour moi, petit lapin; ricane-t-elle. Danse
   avec mon fouet magique, tu auras meilleur goût dans ma
   marmite !

Pauvre Virgile, le fouet l'a ensorcelé. Il est obligé de danser. Il ne peut pas s'arrêter. Derrière la fenêtre, Didi a tout vu. Sans que la sorcière la voie, à petits pas de souris,
elle se glisse dans la maison. Tout doucement, elle s'approche
du fouet magique, s'en empare... et le lance à Virgile qui
l'attrape au vol.

Aussitôt le charme cesse d'agir. A toute vitesse, Virgile fait
tourner le fouet autour de la sorcière et la ligote au fauteuil,
malgré ses cris de rage. Didi appelle :

- Oiseau ! oiseau ! vole à notre secours !

L'oiseau tient sa promesse. Il demande à son amie la mouette
de transporter la sorcière jusqu'au lac où les sorcières perdent tous leurs pouvoirs. Puis il
guide Virgile et Didi sur le chemin de leur maison.

Les parents de Virgile sont tout heureux de les retrouver et de
les serrer dans leurs bras. Sa maman a préparé un magnifique
petit déjeuner pour fêter leur retour. Bien sûr, l'oiseau est invité.  

Le fouet magique (Olga Lecaye - l'Ecole des Loisirs)